https://www.institutdeslibertes.org/auteur/charlesgave/page/2/

Quand le sage (Éric Zemmour) montre la lune, l’idiot regarde le doigt

Dans notre pays, la classe « jacassière « (comme l’appelait Raymond Barre) a, pour grand grande spécialité, de ne regarder que le doigt, et ce depuis longtemps, très longtemps. Et pourtant, ce que montre le doigt d’Éric Zemmour barre notre horizon intellectuel d’Est en Ouest en lettres de feu et cette question est simple :

  • L’islam est-il ou non compatible avec la Démocratie ? 

Et cette question en appelle immédiatement une deuxième.

  • Poser cette question, n’est-ce pas en soi lancer une attaque anti-démocratique contre ceux qui suivent les enseignements de Mahomet puisque notre civilisation pose, comme marqueur du bien, la liberté de culte ?  

Commençons par la première question et ici je vais utiliser le dernier livre -posthume- de Jacques Ellul, le grand philosophe, sociologue, politologue et théologien qui enseigna à Bordeaux et dont les œuvres ont été traduites en toutes les langues et font l’objet de débats passionnés aux USA.

Voici la citation principale, et je ne saurai trop recommander la lecture de ce petit livre qui est disponible sur Amazon.

‘’ Non à l’intronisation de l’Islam en FranceCe n’est pas une marque d’intolérance religieuse : je dirais “oui”, aisément, au bouddhisme, au brahmanisme, à l’animisme…, mais l’islam, c’est autre chose. L’islam est la seule religion au monde qui prétende imposer par la violence sa foi au monde entier. Je sais qu’aussitôt on me répondra : “Le christianisme aussi !” Et l’on citera les croisades, les conquistadors, les Saxons de Charlemagne, etc. Eh bien il y a une différence radicale. Lorsque les chrétiens agissaient par la violence et convertissaient par force, ils allaient à l’inverse de toute la Bible, et particulièrement des Évangiles. Ils faisaient le contraire des commandements de Jésus, alors que lorsque les musulmans conquièrent par la guerre des peuples qu’ils contraignent à l’Islam sous peine de mort, ils obéissent à l’ordre de Mahomet. Le djihad est la première obligation du croyant musulman. Et le monde entier doit entrer, par tous les moyens, dans la communauté islamique. Je sais que l’on objectera : “Mais ce ne sont que les ‘intégristes’ qui veulent cette guerre.” Malheureusement, au cours de l’histoire complexe de l’Islam, ce sont toujours les “intégristes”, c’est-à-dire les fidèles à la lettre du Coran, qui l’ont emporté sur les courants musulmans modérés, sur les mystiques, etc.’’….

Quelques temps avant, Ellul avait organisé un débat entre lui et le recteur de la grande mosquée du Caire (la plus haute autorité religieuse chez les Sunnites) pour essayer de comprendre si l’Islam était compatible avec la démocratie. Les deux étaient arrivés d’un commun accord à la conclusion qu’Islam et Démocratie étaient incompatibles. Ce qui veut d’abord dire que bien des musulmans n’ont pas envie de vivre en démocratie qui n’est absolument pas perçue comme la meilleure forme de société pour les croyants. Pour eux, dire que la démocratie est compatible avec l’Islam, c’est insulter l’Islam.

Venons-en au fait : Qu’est ce qui avait bien pu amener deux éminentes personnalités comme celles-là à arriver à cette conclusion ?

Je reprends la plume pour donner mon interprétation de ce qu’Ellul voulait dire et ce qui va suivre bien sûr n’engage que moi.

Pour ce faire, je vais revenir à ce qui constitue le base philosophique et morale de notre civilisation, les dix commandements, et en particulier le sixième qui précise « tu ne tueras point ».

En réalité, la religion Musulmane est la seule des grandes religions qui ordonne de tuer spécifiquement ceux qui ne croient pas en Dieu, ceux qui disent du mal de son prophète, ceux qui ont abandonné la vraie religion, la femme adultère, celle qui a épousé un non croyant…

Le musulman qui a tué le cinéaste Van Gogh parce qu’il avait fait un film où il tournait en dérision Mahomet, les tueurs de mon ami Bernard Marris et de ses associés à Charlie Hebdo, ceux qui ont fait tomber les tours de Manhattan, et bien d’autres encore, tous étaient persuadés de faire la volonté de Dieu et donc étaient des « bons » musulmans. Et que l’on ne me dise pas que le texte du Coran pourrait être « aménagé » par je ne sais quel concile : contrairement à l’ancien testament ou aux évangiles qui ont été écrits par des gens inspirés ou par des témoins visuels, tous humains, le Coran est « incréé » et a été dicté à Mahomet par Dieu lui-même (au travers d’un archange) et donc pas une ligne ne peut être enlevée du texte (quiconque changerait une ligne serait d’ailleurs condamné…  À mort comme vous l’avez déjà deviné).

Rajoutons à cette obligation de tuer l’autorisation de mentir à un non musulman (neuvième commandement, tu ne porteras pas de faux témoignage), soit pour dissimuler sa foi à des non croyants, soit pour mieux cacher des plans de conquête, et le tableau devient édifiant. Le moins que l’on puisse dire est que les dix commandements sont bien écornés.

Venons-en maintenant à une constatation plus sociologique et politique : d’après Mahomet, le monde est scindé en deux parties, le monde de la paix (les convertis) et le monde de la guerre (… à convertir, par la violence si nécessaire) et cela jusqu’à la fin des temps, où le monde entier sera musulman.

Voilà qui a le mérite de la simplicité. Depuis ses débuts, la religion musulmane est donc en guerre contre tout ce qui n’est pas musulman et loin de s’en cacher s’en glorifie. Ce qui veut dire qu’un bon musulman ne peut pas considérer comme légitime un pouvoir politique qui ne serait pas musulman et donc n’est pas tenu de respecter les lois locales, seule la charia étant légitime.   Et la charia autorise l’esclavage, entérine l’infériorité de la femme par rapport à l’homme (moindre part d’héritage, voix comptant pour moitié dans le témoignage, perte des enfants en cas de divorce etc…), la polygamie, l’interdiction pour une femme d’épouser un non-musulman sous peine de mort, l’infériorité juridique pour le non-musulman soumis à un impôt spécial, la mise à mort des homosexuels en les jetant du haut d’un toit, la mutilation physique en cas de vol…

Or, rien de tout cela n’est compatible avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ce qui veut dire qu’un bon musulman ne peut pas être un bon citoyen dans nos pays, non pas que nous lui interdisions, mais parce que son prophète le fait. L’exclusion ne vient pas de nous mais est exigée du musulman. C’est lui qui s’exclue de lui- même.

Accepter notre législation, c’’est trahir la charia et il n’existe pas de compromis possible. L’alternative est simple : soit nous disparaissons (ce qui est arrivé aux Juifs et aux Chrétiens au Moyen-Orient), soit le croyant cesse de croire et cesse donc d’être musulman.

Il semble donc bien que la religion musulmane soit incompatible avec la République, ne serait-ce que parce que le but ultime de cette religion est de détruire non seulement ladite République, mais la France aussi pour la remplacer par la communauté des croyants ou Oumma. Le Coran n’a que faire des Nations.

Il est donc parfaitement légitime pour Éric Zemmour de dénoncer la menace que fait peser cette religion sur nos valeurs laïques, républicaines ou historiques.

Ce qui m’amène à la deuxième partie de ce petit essai : ces mêmes valeurs nous interdisent elles de dénoncer ce qu’il y a d’odieux dans la religion musulmane, au nom de la « tolérance « qui serait de ce fait érigée en valeur suprême, en clef de voûte de notre système moral ?

Commençons par ce que disait Burke, le philosophe anglais : « Il existe hélas une limite où la tolérance cesse d’être une vertu ».

Continuons par ce que disait Confucius : « Quand les mots changent de sens, les royaumes deviennent ingouvernables »

Quand Voltaire disait en parlant de l’Église Catholique : « Écrasons l’infâme, » cela n’avait rien de raciste tant il est vrai que l’anti-cléricalisme n’a rien à voir avec le racisme. Et c’est le cas : Être contre l’Islam ne veut en rien dire que l’on est raciste et donc nul ne peut dire que quiconque est contre l’Islam est raciste.

La religion n’a en effet RIEN à voir avec la race. Une religion est une construction intellectuelle qui trouve sa source dans le cerveau, et que la peau soit noire, blanche, jaune, café au lait ou arc en ciel ne change rien à l’affaire.

Elle peut parfois être identifiée à un peuple, une nation, une ville comme dans les temps anciens, mais cela ne change rien au monde aujourd’hui : vous pouvez aller à la messe ou à la mosquée ou à la synagogue (il y a des juifs noirs, des juifs indiens, des juifs chinois) et que vous soyez blanc, noir, jaune etc… n’a rien à voir avec quelque race que ce soit puisqu’elles y sont toutes représentées.

De nos jours, les grandes religions incluent toutes les races et si, comme je le pense, une religion est une création de l’esprit humain, j’ai le DROIT, que dis-je le DEVOIR comme l’a fait Ellul de la critiquer si elle ordonne des choses qui sont complètement en opposition avec ce à quoi je crois et ce d’autant plus que le délit de blasphème a été aboli en France en 1789… (Mais à ce jour, à ma connaissance il n’a été aboli dans aucun pays musulman).

Soyons clair ici. En aucun cas je ne demande que les musulmans ne puissent pas se rendre à la mosquée, ni qu’ils essaient de développer leur religion comme ils le souhaitent (tant que cela se fait en suivant les lois de la République), ni soient empêchés de dire tout le mal qu’ils veulent de Jésus, Bouddha ou Zarathoustra.

En revanche je trouve inadmissible de m’empêcher de dire et d’écrire tout le mal que je pense de cette religion et de celui qui l’a créée, surtout quand cette obligation de me taire ou de forcer un autre à ne pas parler est imposée en étant fondée sur la contre vérité que je serai raciste.

Si une idée est malfaisante je dois la dénoncer et ne pas le faire c’est manquer de courage. Comme disait Bernanos (je crois), « ce qui a fait le plus de victimes dans l’histoire ce n’est pas le fracas des combats, c’est le glissement feutré des pantoufles ».

Et à l’évidence, jamais les pantoufles ne se sont faites autant entendre qu’en ce moment, en particulier en France. Les glissements feutrés deviennent assourdissants.

Quand j’entends les hurlements qui accompagnent le dernier discours de Zemmour, je ne peux m’empêcher de penser au Chevalier de la barre qui fût martyrisé puis exécuté pour avoir refusé de se découvrir devant une procession pendant le règne de Louis XV.

Je suis persuadé que ceux qui accompagnaient en dansant le pauvre chevalier quand on l’amenait au bûcher sont les arrières grands-pères de ceux qui hurlent à la mort aujourd’hui pour demander la mort (médiatique) d’Éric Zemmour.  Ce que cherche à l’évidence ces esprits arriérés, c’est de rétablir le délit de blasphème au prétexte qu’une partie de la population ne supporterait pas que l’on dise du mal de sa religion.  Mais s’il est un droit de l’homme auquel je tiens par-dessus tout, c’est de pouvoir dire tout le mal que je veux des idées que je n’aime pas et donc de n’importe quelle religion. Me refuser ce droit, c’est rétablir les crimes de blasphème et de sacrilège ce qui est inacceptable pour tout citoyen de nos pays car cela nous amènera inéluctablement à la disparition de la liberté d’expression. On commence par interdire de dire du mal de la religion musulmane et on termine en mettant en prison ceux qui disent du mal de monsieur Macron, Benalla ou de l’éditorial du soir du Monde.

Le discours de Zemmour, que j’ai lu, n’est en rien raciste, mais il est violemment anti-Islam, ce qui est son droit le plus strict, comme c’était celui du petit père Combes de dire des horreurs sur l’Église Catholique. Tout ce que dit l’orateur est que l’Islam en tant que religion est incompatible avec les valeurs du Judaïsme et du Christianisme et donc avec l’organisation millénaire de nos sociétés. Il s’agit d’une prise de position intellectuelle, fondée sur de longues études et qui rejoint exactement ce que disait Ellul et le recteur de la mosquée du Caire et bien d’autres avant eux.

On peut être d’accord, ou pas. Mais il DOIT avoir le droit de le dire et de l’écrire.  Et ceux qui ne sont pas d’accord avec lui doivent répondre à l’acte d’accusation en expliquant pourquoi le Coran serait compatible avec la déclaration des droits de l’homme. Un message qui déplaît doit être combattu argument contre argument et jamais par une interdiction de diffusion et encore moins en calomniant celui qui énonce une thèse qui nous déplaît. Depuis Socrate, depuis Aristote, depuis Thomas d’Aquin, nous savons tous que la vérité est inatteignable et que l’on ne peut s’en rapprocher que par la confrontation intellectuelle entre des esprits libres n’utilisant jamais ni la violence ni l’argument d’autorité.

L’interdiction, la censure sont des abominations et pourtant c’est ce que réclament tous nos soi-disant « tolérants », qui ne sont tolérants que parce qu’ils ont peur, parce qu’ils y ont intérêt ou parce qu’ils savent qu’ils mentent.

A ces gens-là je dis : prouvez que Zemmour a tort, et si vous utilisez l’argument du racisme, cela ne vaut rien. La seule possibilité pour ceux qui sont partisans de l’Islam en France consiste à dire que rien ne les gêne dans cette religion, ce que ces grands partisans de la tolérance auront du mal à expliquer.

Et à Zemmour je dis ce que je lui déjà dit dans le passé. Mon cher Éric (je l’ai rencontré deux fois), comme les prophètes d’Israël, vous avez été investi de la lourde charge de dire la vérité. Comme eux, vous allez souffrir, peut-être finir au fond d’une citerne et tout cela parce que vous aimez la France au-delà de ce qui est raisonnable. Vous avez mis vos pas dans ceux de Bernanos qui aimait la France « terre des saints, des cathédrales et des fous. » Je vous plains de tout mon cœur car vous n’avez pas choisi la voie facile et je ne vous dis qu’une seule chose : continuez à dire les choses telles qu’elles sont.

Nous avons besoin de vous.

 


Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

Les économies de ce que l’on appelait il y a peu les pays du monde libre ne vont pas bien, pas bien du tout. Et tout un chacun de se lamenter et d’espérer l’émergence d’un « nouveau Keynes « dont les analyses « nouvelles » permettraient de retrouver le chemin de la croissance. 

Quelle foutaise !

Dans le papier de cette semaine, je vais montrer que ce qui est à l’origine de la stagnation actuelle, c’est simplement que nos gouvernements suivent des politiques débiles qui sont à l’origine directe de l’appauvrissement qui nous frappe.

Ces erreurs sont au nombre de trois.

Première erreur : Croire que des taux d’intérêts bas favorisent la croissance économique.

Que le lecteur veuille bien regarder le graphique suivant qui montre que quand les taux sont trop bas, trop longtemps, (périodes hachurées en vert), croissance économique et productivité du travail s’écroulent deux ans après.

Eh oui !  Des taux trop bas engendrent la stagnation. Pourquoi ? Tout simplement parce que des taux trop bas permettent à ceux qui ont des actifs (les riches) de s’endetter pour acheter des actifs existants (immobilier, sociétés existantes), dont bien sur les prix montent.  Et les riches deviennent plus riches. Et comme plus personne n’investit dans des actifs nouveaux (trop risqués), le stock de capital stagne ou baisse et donc la productivité du travail s’écroule et les pauvres, qui n’ont que leur force de travail à vendre s’appauvrissent. Et l’économie voit son taux de croissance s’écrouler, parce que le capital, ce bien rare entre tous que nous avons hérité de nos parents est gaspillé  tandis que des démagogues sont élus partout, à juste titre.

 L’euthanasie du rentier chère à ce bon monsieur Keynes est une imbécillité.

Mais les taux bas favorisent aussi la croissance de l’état dans le PIB. A taux zéro, financer le déficit budgétaire ne coute rien ce qui revient à confier les clefs de la cave a un sommelier alcoolique, car chacun sait que plus le poids de l’état augmente, plus la croissance ralentit. Ce qui nous amène à la deuxième erreur.

Deuxième erreur : La croissance des dépenses de l’état empêche les recessions. 

En fait, c’est exactement le contraire, comme en témoigne le graphique suivant, en prenant cette fois ci la Grande-Bretagne comme exemple.

Quand la ligne rouge (échelle de gauche) baisse, cela veut dire que le poids de l’état dans l’économie augmente par des nationalisations, des embauches de fonctionnaires etc. etc.  A chaque fois, et deux ans plus tard en moyenne, la croissance structurelle de l’économie sur 7 ans se met à baisser et cela dure tant que le poids de l’état dans l’économie ne se remet pas baisser. 

Il faut noter qu’en Grande-Bretagne, ces hausses et ces baisses correspondent exactement au cycle politique. Quand les conservateurs sont au pouvoir, ils font baisser le poids de l’état dans l’économie et l’inverse est vrai quand ce sont les socialistes. En France, hélas, que la gauche ou la droite ait été au pouvoir ne change strictement rien a la hausse perpétuelle du poids de l’état.

Explication : Le capitalisme est un système Darwinien, les mauvais disparaissent parce qu’ils font un piètre usage du capital et en sont donc privés, sauf bien entendu s’ils sont financés par des fonds publics. Dans ce cas, ils continuent à détruire du capital (encore une fois, ce bien rare entre tous) et donc la quantité de capital disponible décroît, et comme la quantité de capital qui pourrait être investi chaque année décroît, les investissements rentables (c’est-à-dire ceux qui font croitre la masse de capital) diminuent et donc la productivité du travail baisse et tout le monde est appauvri.

Il ne peut pas en être autrement

Comme le lecteur peut le voir, mettre les taux trop bas c’est autoriser le secteur privé à diriger le capital vers des actifs spéculatifs plutôt que productifs et donc la croissance s’écroule. De même, permettre à l’état d’emprunter pour dépenser dans des activités non rentables, c’est garantir que le stock de capital dont l’économie dispose va baisser (une activité nationalisée ne faisant jamais faillite) et donc encore une fois, la croissance structurelle ne peut que baisser puisque le stock de capital baisse.

Venons- en au troisième point qu’il me faut démontrer. 

Troisième erreur : le blocage des prix par un Etat engendre toujours des désastres. 

Pour que ses activités se développent, un entrepreneur a certes besoin de capital et de travail mais surtout d’informations. D’où lui viennent ces informations ? Du système des prix et de nulle part ailleurs. Et donc si le gouvernement bloque les prix, il se retrouve comme un marin sans boussole, perdu, et ne peut prendre de décisions. Or tous les prix viennent de deux prix.  Le premier, qui détermine le rapport avec le TEMPS par le mécanisme de l’escompte et qui donc me permet de savoir combien je dois épargner et combien je dois dépenser c’est le taux d’intérêt dont je viens de montrer qu’il était totalement manipulé par les pouvoirs publics et donc faux. Le second, le taux de change entre ma monnaie et celle de mes concurrents à l’étranger détermine mes rapports avec l’espace et m’indique là où je dois produire et là où je dois vendre ma production. Et bien entendu, dans la zone Euro, nous avons décidé de bloquer ce prix également et en voici le résultat pour les productions industrielles françaises et allemandes.

Comme la productivité du travail était plus élevé et le cout du capital plus bas en Allemagne, pour que les entrepreneurs français s’en sortent, il fallait que le franc français dévalue de temps en temps pour compenser cet avantage concurrentiel (le DM montant contre le Franc, ligne rouge). Ce qui fût fait régulièrement. Arrive monsieur Trichet qui fut à l’économie française ce que Gamelin fut à l’armée française en Juin 1940, et notre génie, dans une stratégie digne de la Ligne Maginot, de bloquer le cours du franc français contre le DM avant que de les faire rentrer avec la Lire la peseta etc. dans le Frankenstein financier que constitue l’Euro. Et les économies française, italienne, grecque, espagnole de s’écrouler et l’Allemagne de prospérer, avant que de s’effondrer. Car l’Allemagne, à cause de sa monnaie sous-évaluée, a automatiquement récupéré une grande partie de la production automobile de la région et s’est spécialisée de plus en plus dans ce produit dont de moins en moins des personnes ont besoin et qui est l’objet d’une attaque en règle des verts.  Les allemands se retrouvent donc à être les meilleurs à faire des voitures, ce qui n’a plus aucun intérêt, et du coup, leur économie commence à s’écrouler puisque le capital a eu un faux cout et a été attribué en fonction de faux prix, taux d’intérêts et taux de change étant faux. Pauvre Allemagne qui après vingt ans de vaches grasses entre dans le temps des vaches maigres

Conclusion

Résumons-nous : La croissance économique vient d’une utilisation « darwinienne » du stock de capital dont un pays dispose à un moment donné (et qui n’a rien à voir avec le stock de monnaie). Les Keynésiens qui nous gouvernent pensent qu’en faussant artificiellement les prix du capital (taux de change, taux d’intérêts) et en en confiant une partie de plus en plus grande a l’Etat, le stock de capital montera, ce qui est le propre d’une pensée magique et non scientifique

Dans le fond et comme je l’ai écrit il y a vingt ans dans mon premier livre (qui n’a pas pris une ride), nous sommes des Lions menés par des Anes.

Explication de ce paradoxe.

Schumpeter disait que le capitalisme avait permis un développement extraordinaire de l’éducation, mais que ce développement amènerait à l’émergence d’une classe de faux intellectuels aigris et que ces gens prendraient le contrôle du système politique pour empêcher la création destructrice d’avoir lieu.  Et in continuait en disant que cette réalité amènerait à un recul économique sans précèdent et à une perte des libertés politiques.

Et tout se passe comme prévu par ce grand esprit. Le premier de ces intellectuels pensant faux fut Keynes, et pensant faux, comme tous les faux prophètes (Marx est un autre exemple), il a eu une postérité innombrable qui sévit aujourd’hui dans tous les gouvernements et toutes les banques centrales. 

Comme prévu par Schumpeter, ils sont en train de détruire nos économies et quant à nos libertés politiques, elles ne se portent guère mieux que nos économies.  Tout cela est normal puisque le Keynésianisme est au Marxisme ce que le Coca-Light est au Coca -Zéro, une croyance que la technocratie marche.

Il ne faut pas réinventer Keynes, il faut juste s’en débarrasser et cesser de penser de travers. 

Il faut faire tomber le mur du Keynésianisme comme l’on a fait tomber le mur du Marxisme.


Retour sur la Gestion de Portefeuille, ou « la Bourse ce n’est pas fait pour moi ».

Le but de la chronique de cette semaine est d’expliquer un peu plus dans le détail comment gérer un portefeuille, votre portefeuille.

Imaginons que l’un des lecteurs de l’IDL ait décidé fin Décembre 2007, au pire moment possible puisque les marchés allaient s’écrouler dans les 15 mois qui suivaient, que le moment était venu pour lui de prendre la responsabilité de la gestion de son épargne, la retirant de ce fait à ceux ou celles qui en avaient la charge jusque-là (ce que je saurai trop conseiller à ceux qui veulent pouvoir prendre une retraite un jour ou l’autre).

Imaginons qui plus est qu’il n’ait absolument pas envie d’investir en dehors de son pays, n’ayant confiance que dans les marchés financiers français puisqu’il ne parle aucune langue étrangère, qu’il est un bon français et que, scrogneugneu, l’épargne française doit rester en France.

Imaginons enfin que j’ai réussi à le convaincre de suivre les quelques principes de bon sens qu’il aurait pu glaner dans mes écrits, et en particulier qu’il y avait deux sortes de valeurs cotées en bourse, celles qui représentent le système capitaliste et celles qui représentent les sociétés qui ne vivent que parce qu’elles ont des rapports incestueux avec l’Etat français et qui représentent ce que je prétends être des sociétés du système communiste (parfois appelé aussi capitalisme de connivence) que notre économie abrite en son sein.

Et supposons que mon investisseur soit un peu paresseux et qu’il n’ait pas vraiment envie de boursicoter ni de se lancer dans des analyses financières compliquées pour savoir quoi acheter et quand.

Astucieusement, la première des choses que ce lecteur aurait pu faire aurait été de regarder les sociétés du CAC 40 pour essayer d’avoir une liste de ce qu’il est convenu d’appeler les « fleurons de la cote », qui ne sont pas arrivées là où elles sont par hasard. Elles sont devenues grosses pour l’une des trois raisons suivantes : Elles font très bien ce qu’elles font, elles ont acheté des tas de petites sociétés qui n’avaient rien à voir les unes avec les autres, formant un conglomérat ou une chatte ne retrouverait pas ses petits, ou elles ont grandi avec l’aide de l’Etat.

Bien entendu, seules les premières doivent être considérées. Mais on peut raffiner un peu l’analyse.

Ayant eu cette liste, et suivant mes conseils il va sélectionner celles qui l’intéresse en fonction de trois critères :

  1. Il veut comprendre ce que chacune des sociétés fait, s’il a acheté a un moment ou a un autre les produits ou les services que ces sociétés offrent, et s’il en a été content.
  2. Ensuite, il veut être bien certain que l’Etat n’a rien à voir avec la gestion de cette société, ne dispose d’aucune action ni ne siège au conseil d’administration et ne fait pas plus de 10 % du chiffre d’affaires de la Société. .
  3. Et enfin, il ne veut rien avoir à faire avec l’industrie automobile tant je l’ai persuadé que cette industrie était engagée dans un déclin structurel.

Ayant effectué ce petit travail, il reste avec 10 noms (sur 40) que voici (et encore une fois, je ne connais RIEN a l’analyse financière et à la sélection de valeurs).

  • Accor : Il a dormi dans leurs hôtels.
  • Air Liquide. Ils font des gaz industriels dont tout le monde a besoin.
  • Cap Gemini : Il ne sait pas trop ce qu’ils font, mais son gendre y bosse et Serge Kempf, le fondateur adorait le rugby.
  • Danone : Le lecteur a déjà bouffé des yaourts.
  • Pernod-Ricard. Il a aussi attrapé des cuites.
  • Sodexo : la cantine de son entreprise est gérée par Sodexo.
  • Total : il est déjà allé dans une station-service.
  • LVMH : son épouse connait.
  • L’Oréal : il n’est pas chauve.
  • Schneider Electric. Il bricole et connait bien.

Voici un graphique du cours de ces 10 sociétés, toutes remises base 100 au 31 Décembre 2007.

 

Ces cours N’INCLUENT PAS les dividendes versés.

L’étape suivante est de voir ce qu’aurait fait un portefeuille où le lecteur aurait mis 10 % dans chacune de ces valeurs au 31 décembre 2007, c’est-à-dire JUSTE AVANT le krach boursier de 2008-2009 pendant lequel la bourse de Paris a baissé de près de 60 %, le lecteur n’ayant aucun sens du « timing » et à dire vrai s’en contrefoutant.

Et pour éviter que le portefeuille ne devienne trop dépendant du cours d’une seule valeur telle LVMH qui a surperformé le reste depuis 2007, le lecteur, en fin de chaque trimestre vend celles qui ont beaucoup monté et qui représentent donc plus de 10% du portefeuille pour les ramener à 10 %, prenant le cash ainsi dégagé pour racheter celles qui sont tombées en dessous de 10 %, ce qui suppose quatre séries de transactions par an et l’utilisation d’une machine à calculer pour effectuer les règles de trois.

Sans même s’en rendre compte et un peu comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, le lecteur vient de se constituer un « indice « que pour la commodité de lecture j’appellerai l’indice IDL de la bourse de Paris ou indice du lecteur de l’IDL. En voici le résultat historique. Je publierai tous les trimestres la valeur de l’indice L IDL pour permettre aux lecteurs de le suivre en temps réel. Je m’empresse d’ajouter une fois de plus qu’il ne s’agit en aucune façon de recommandations d’achats faites sur chacune des valeurs, sur lesquelles je ne connais à peu près rien.

Si le lecteur avait acheté un fonds indiciel classique, son portefeuille retrouverait péniblement aujourd’hui sa valeur de Décembre 2007, ce qui n’est guère satisfaisant.

Si par contre, il s’est constitué son petit portefeuille bien à lui, simplement en excluant ce qui n’avait aucune chance (l’automobile), tout ce dans quoi l’Etat avait une participation, ainsi que toutes les sociétés dont le lecteur ne sait pas très bien ce qu’elles font, il a plus que doublé son capital, ce qui en douze ans veut dire qu’il a fait environ 6 % par an, auxquels if faut ajouter environ 2 % de dividendes.

A 8 % par an (s’il réinvestit les dividendes au fur et à mesure), ce lecteur double la valeur de son portefeuille en 9 ans environ, ce qui est mieux que l’immobilier. Et en plus, l’immobilier va être de plus en plus taxé puisque c’est là que toute l’épargne s’est réfugiée,  comme on l’a bien vu au moment de la transformation de l’impôt sur la fortune.

Bien sûr, mon lecteur aura un portefeuille très VOLATILE, comme en fait foi le graphique suivant.

D’un trimestre à l’autre, je monte de 10 % ou je baisse de 15 %, ce qui peut donner la nausée àcelui qui regarderait la performance tous les jours, et c’est bien pour cela que je ne regarde que très rarement la valeur de mon portefeuille tant la variation à court terme ne veut RIEN dire. J’avais une vieille tante qui m’a servi de grand-mère et que j’aimais beaucoup qui disait toujours que la « bourse s’agitait comme une femme saoule (ce qui dans sa bouche n’était pas un compliment) » et elle avait parfaitement raison. La bourse est merveilleusement logique à long-terme et s’agite sans rime ni raison au jour le jour. Et essayer d’interpréter ces mouvements journaliers, c’est un peu essayer de comprendre pourquoi tous les journalistes de France- Inter pensent de travers.

Par contre, si l’une ou l’autre des sociétés que je détiens venait à changer de nature, alors là, j’agirais avec la plus grande célérité. Prenons un exemple : dans les échos du Jeudi 19 Septembre (je crois), le ministre des finances français, monsieur Lemaire, faisait savoir que le gouvernement de notre beau pays voulait créer une filière « nationale » pour l’hydrogène, ce qui m’inquièterait au plus haut point. Chacun se souvient de la phrase de Ronald Reagan : La phrase la plus dangereuse pour un homme d’affaires c’est : Je viens de la part du gouvernement pour vous aider ». Sauve qui peut ! Il serait terrifiant que la Caisse des Dépôts par exemple décide de monter au capital d’Air Liquide et demande une place ou deux au Conseil…Voilà qui rappellerait le plan Calcul, la politique agricole commune, le TGV ou que sais-je encore. Voila aussi qui m’amènerait immédiatement à me débarrasser de mes chères Air Liquide.On a des principes ou on n’en a pas.

Mais j’ai confiance dans la direction d’Air Liquide. Ils ont réussi à devenir le leader mondial dans leur domaine sans jamais avoir besoin des Lemaire ou Moscovici de service qui seraient bien incapables de gérer une baraque à frites. Gageons qu’ils sauront botter en touche et que je pourrai garder mes actions tranquillement.

Conclusion

De Gaulle dans ses mémoires écrivit : « Je volais vers l’Orient compliqué muni de quelques idées simples ». Il faut faire de même pour la bourse. Tout un chacun peut gérer son épargne s’il respecte ses principes et reste discipliné. Mon lecteur hypothétique ne connait rien àrien à l’analyse financière, investit au plus mauvais moment et se retrouve en fin de parcours ayant plus que doublé son capital en moins de 12 ans, ce qui est très bien. Et en plus, c’est plutôt amusant.


Monsieur Draghi s’en va : Histoire résumée d’une réussite européenne éclatante.

Mr. Draghi s’en va, mais hélas, le mal qu’il a fait aux pays européens va perdurer. Mais avant d’en arriver à une analyse de ce qu’il a détruit, j’aimerais rappeler les grands traits de sa carrière.

Mr. Draghi apparait dans l’Histoire comme de directeur général du ministère des finances Italiens de 1992 à 2001, au moment des négociations qui précédaient la création de l’Euro.

Les textes, acceptés par tous les pays prévoyaient entre autres que le déficit budgétaire ne pouvait être supérieur à 3 % du Pib.

Or, peu avant d’entrer dans l’Euro, ce déficit était supérieur à 7 %, ce qui aurait dû interdire à l’Italie de faire partie de la nouvelle monnaie.

Qu’à cela ne tienne.

Monsieur Draghi passe avec JP Morgan un accord de « swap « par lequel ces derniers achètent pour 35 milliards d’Euro.de produits dérivés issus par l’Italie qui comptablement et miraculeusement font baisser le déficit de 7.5 % à 2.5 % en deux ans.

La Commission Européenne saluera comme il se doit les efforts « héroïques » faits par l’Italie. Que le lecteur ne se fasse pas trop d’illusions, le déficit est réapparu une fois l’Italie dans l’Euro…

Cette opération a été l’objet d’une enquête de la Cour des Comptes Italienne dont les résultats semblent indiquer que le Trésor Italien a beaucoup perdu à la suite de cette manipulation.  On parle de plusieurs milliards d’euros. Et comme les produits dérivés sont un jeu à somme nulle, les milliards d’euros perdus par l’Italie ont été gagnés par quelqu’un d’autre, mais j’ai du mal à deviner qui et qui aurait pu toucher des commissions sur une opération aussi profitable (pour JPM)

La Grèce, qui avait le même problème passe un accord similaire en 1997 avec Goldman-Sachs pour maquiller ses comptes et cette deuxième opération aurait rapporté à GS  300 millions d’Euros et sera dénoncée ensuite au moment de la faillite de la Grèce.

A noter que personne ne fut inquiété ni à JP Morgan ni à GS puisque ces opérations étaient « légales « à l’époque.

Mission accomplie, l’Italie est dans l’Euro et Mario Draghi prend sa retraite et devient vice-président de… Goldman-Sachs Europe, où il est le responsable de 2002 à 2006 des négociations avec les Etats européens.

En 2006,  sur proposition de Berlusconi, il devient le gouverneur de la banque centrale Italienne et le Président du forum de la stabilité financière pour l’Europe, en charge de prévenir les crises systémiques et comme de bien entendu il ne voit rien arriver de la crise de 2009 -2011.

Inutile de souligner qu’un homme d’une telle envergure fait partie du groupe des trente, de Bilderberg, est titulaire de nombreuses distinctions européennes et que sais -je encore…

Toutes ces réussites éclatantes le qualifient sans doute aucun pour le poste de patron de la BCE, ou il est promu le 1 Novembre 2011 pour succéder à Jean-Claude Trichet, de sinistre mémoire.

Et c’est bien sûr à la BCE que monsieur Draghi va donner la pleine mesure de son talent.

Je ne reviendrai pas sur les détails de son action entant que Président de la BCE mais sur l’esprit qui a prévalu lors de son mandat.

Monsieur Draghi est un idéologue europeen acharné, un homme de Davos s’il en fut.  Son but est de créer un Etat Europeen envers et contre tout et seul cela l’intéresse.

Normalement, le but d’un bon banquier central est de créer les conditions monétaires pour que le système crée le maximum de richesse avec le minimum d’inflation. Et la meilleure façon de faire est d’essayer d’avoir des prix de marché aussi bien pour le taux de change que pour les taux d’intérêts.

Le premier « prix », celui des taux d’intérêts étant devenu fixe à l’intérieur de l’euro, le blocage des taux de change vis-à-vis de l’Allemagne de tous les taux de change dans la zone euro interdit que la plus grande productivité de l’Allemagne soit compensée par une variation des taux de changes comme cela se pratiquait depuis 1950.

Et donc, le seul endroit dans les marchés où cette différence pouvait s’exprimer était le marché obligataire, substitut imparfait au marché des changes. Et c’est par les marchés obligataires qu’arrive la crise de l’euro de 2009, ce qui était parfaitement prévisible mais semble surprendre tout le monde.

L’écart entre les taux allemands et Italiens ou Espagnols à partir de 2009 se met à monter, monter, monter…

Et a la place de reconnaitre que l’Euro ne fonctionnait pas et ne pouvait pas fonctionner, monsieur Draghi décida de casser ce second thermomètre en ordonnant à la BCE d’acheter directement les obligations des pays mal gérés.

Et du coup, la zone Euro s’est retrouvée avec des faux prix, non seulement sur le taux de change mais aussi sur les taux d’intérêts.

Un système de jeu à somme nulle où l’une des parties crée de la richesse tandis que l’autre s’appauvrit continûment diverge naturellement et donc ne peut qu’exploser à terme et je suis bien sûr que monsieur Draghi, en bon élève de Solow et Modigliani qu’il fût au MIT est parfaitement au courant du phénomène que je décris.

Et pourtant sa solution fut de remplacer la création de richesse par la création de dettes étatiques encourues par ceux qui ne pouvaient plus produire de la richesse de façon efficace et cela bien que cette solution eût été strictement interdite par les traités.

Normalement, cette avalanche de nouvelles dettes aurait dû amener à une explosion des taux d’intérêts, qui aurait mis fin au désastre de l’euro, mais pour empêcher le marché de faire sauter l’euro, la décision fut prise que la BCE achèterait cette dette et la porterait dans son bilan comme un « actif » alors qu’aucune vraie richesse n’avait été créée en contrepartie.

Le résultat est que l’économie de la zone euro est en train de rentrer en récession et que ni la BCE ni les gouvernements n’ont plus aucun moyen de lutter contre ce  qui pourrait bien être un cataclysme, le plus étonnant pour la plupart des observateurs étant que l’Allemagne elle-même soit en train de plonger ce qui est pourtant parfaitement normal puisque un taux de change sous-évalué et des taux d’ intérêts trop bas ont littéralement forcé les entreprises allemandes à  continuer à investir dans le secteur automobile, en train de rentrer en crise de surproduction structurelle.

Mais le pire est ailleurs.

Depuis la nuit des temps, il existe des charlatans qui expliquent que faire croitre la quantité de monnaie c’est faire croitre la quantité de richesse. L’un d’entre eux fut John Law qui vers 1720 réussit à convaincre le Regent et la bourgeoisie française de cette foutaise.

Quelque temps après, Cantillon, un économiste et banquier Irlandais établi à Paris qui avait fort justement vendu à découvert des papiers français qui ne valaient rien publia un petit livre « Traité sur le Commerce » dans lequel pour la première fois dans l’Histoire un intellectuel expliquait la différence entre la création de monnaie et la création de richesse, qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

Cela va faire donc trois cent ans que cette distinction a été mise en lumière, et pourtant monsieur Draghi a encore une fois essayé de faire croire au public que créer de la monnaie à partir de rien allait créer de la richesse, ce qui est de sa part à la fois une lâcheté, une abomination intellectuelle et de la démagogie pure et simple.

Recommander une politique dont vous SAVEZ qu’elle va échouer simplement pour rester dans les cercles de pouvoir est ce que je peux imaginer de plus sordide et pourtant c’est ce que monsieur Draghi a fait et sans aucun remords puisque cette semaine encore il a essayé de renforcer la politique qu’il suivait depuis sa nomination alors même que cette politique avait déjà échoué misérablement.  Et des rumeurs courent que le Conseil de la BCE a dû le bloquer dans cette course a l’abime avant qu’il ne quitte son poste pour être remplacé par madame Lagarde.

 Ce qui m’amène a parler de madame Lagarde.

Je ne m’attends pas à être « déçu en bien » par  cette personne qui a déjà échoué au ministère des finances français, avant de laisser une ardoise de $ 55 milliards au FMI.

Ma première impression est que madame Lagarde ne faisant pas partie des vrais cercles de pouvoir fera un merveilleux bouc émissaire si l’Euro venait à sauter, et que lui faire porter le chapeau ne devrait pas être trop difficile.

Les « hommes de Davos », à mon avis, ne verraient aucun inconvénient à ce qu’une « femme de Davos » soit rendue responsable d’un désastre qu’eux seuls auraient créé.

En 1939, toutes nos élites supportaient la ligne Maginot.

En 1945, seul Gamelin l’avait soutenu

Je verrai bien madame Lagarde en nouveau Gamelin


La déroute des hommes de Davos

Ce premier papier de la nouvelle année annonce une bonne, une très bonne nouvelle : les hommes de Davos et autres Oints du Seigneur ont perdu toute crédibilité en ce qui concerne la gestion des économies. Voila la thèse que je vais défendre dans ce papier.

Je n’ai pas l’habitude de tirer sur une ambulance, mais quand je vois l’un des plus éminents (?) d’entre eux, monsieur Minc, dire comme il l’a fait cette semaine que plus personne ne comprend plus rien à l’économie et que nous avons besoin d’un nouveau Keynes ou d’un nouveau Friedman, je dois dire que je ne peux pas cacher mon envie de rigoler un bon coup et ce d’autant plus que monsieur Attali, cet autre puissant génie, avait dit la même chose quelques mois avant. 

Je vais donc me livrer à une petite « explication de texte » pour que le lecteur puisse comprendre ce que monsieur Minc a voulu dire dans le langage codé qui est le sien, où l’on emploie des mots compliqués pour dissimuler une totale absence de compréhension. Je n’ai rien contre monsieur Minc, mais pour moi, il est emblématique de cette classe qui a toujours prétendu qu’elle devait influencer le pouvoir politique en raison de sa meilleure compréhension des phénomènes économiques. Et c’est cette croyance qui nous a mené là où nous sommes, au fond du trou. Et leur recommandation est bien sûr de continuer à creuser.

La première interrogation à laquelle il nous faut répondre st la suivante : pourquoi monsieur Minc nous parle t’il de Keynes et de Milton Friedman, que TOUT oppose ?

La réponse est simple.

  • Keynes, comme l’avait fort bien souligné Hayek en son temps, est celui qui a justifié intellectuellement l’intervention de l’Etat dans l’économie dont chacun constate aujourd’hui les succès foudroyants.
  • Milton Friedman a été le chantre de la non intervention de l’Etat dans cette même économie.   
  • Soit l’un, soit l’autre a raison car ils ne peuvent tous les deux être dans le vrai, sauf si un esprit puissant réussissait à faire une synthèse de deux thèses qui pour un esprit plus limité pourraient apparaitre comme contradictoires.

Minc laisse entendre modestement que lui avait réussi la synthèse entre les deux, les ODS étant autorisés à intervenir massivement dans l’économie domestique et refusant (soi-disant) toute intervention dans le commerce international qui devait rester l’apanage des grands groupes internationaux, le but final étant bien entendu de toujours de laisser le terrain le plus libre possible au capitalisme de connivence que le même auteur décrivait il y a quelques temps comme la « mondialisation heureuse ».

Dans ce papier, je vais traiter uniquement des croyances Keynésiennes de la « caste » à laquelle appartient notre illustre penseur, laissant une critique de la compréhension par cette caste de la pensée Friedmanienne pour un jour où je serai totalement en panne d’idées. 

La doxa keynésienne telle que développée par la classe dominante repose sur deux piliers.

Dans le premier cas, « on » explique que si l’économie ralentit c’est à cause d’un « excès d’épargne » créée par la classe détestable des « rentiers ». Il faut donc procéder à ce que Keynes appelait « l’euthanasie du rentier » et pour cela maintenir des taux d’intérêts très bas (ce qui revient à spolier l’épargnant). 

Le premier pilier du Keynésianisme est donc que des taux d’intérêts bas favorisent la croissance, ce qui ne marche pas et n’a jamais marché tout simplement parce que c’est une imbécillité économique. 

Reprenons ces deux points, l’un après l’autre

Ça n’a jamais marché.

La ligne noire représente la croissance moyenne du PIB Américain PAR HABITANT sur les 7 années précédentes. Chacun peut voir les grandes périodes de hausse et de baisse de cette mesure. D’après les Keynésiens, les périodes de croissance auraient dû correspondre aux moments où les taux d’intérêts étaient bas et les périodes de moindre croissance aux autres. Il n’en est rien, en fait c’est exactement le contraire qui se passe et cela est vrai dans tous les pays du monde.  

En voici une preuve visuelle. Les périodes hachurées en rose sont celles ou les taux réels (ajustés pour l’inflation) sont en dessous de la moyenne de ces taux depuis 1950 et j’ai poussé ces périodes de deux ans sur la droite pour bien montrer que des taux bas précèdent toujours le désastre économique.

La conclusion est simple. Lorsque les taux sont anormalement bas pour une période supérieure à deux ans, la croissance ralentit toujours, pour finir par devenir nulle. Dans la réalité, tuer le rentier revient à tuer la croissance ce qui est exactement le contraire de ce que disait Keynes. Or cette réalité – des tatrop bas tuent la croissance- est parfaitement logique, bien que contre intuitive. 

Pourquoi est-ce logique ?

La réponse est toute simple. Si la rentabilité moyenne des placements dans l’économie est de 4 % et si le cout de l’argent est de 4 %, les seuls qui empruntent sont ceux qui gagnent plus de 4 % et qui ont une forte croissance dans leurs activités. L’épargne va donc aux entrepreneurs, qui empruntent pour se développer en faisant de nouveaux investissements et en embauchant de nouveaux salariés. Le stock de capital augmentant, la productivité du travail monte et le niveau de vie de la population (le PIB par habitant) suit. Tout le monde est gagnant.

Si le cout de l’argent est de 1 % (taux très bas), tous ceux qui ont des actifs pourront emprunter à 1 % pour acheter des actifs existants qui rapportent plus que 1 %.  Or seuls peuvent emprunter pour acheter des actifs existants les « riches » c’est à dire ceux qui ont déjà des actifs. Pour eux, pour s’enrichir encore plus, il est beaucoup plus facile d’acheter des actifs existants et qui rapportent plus que le cout de l’emprunt plutôt que d’en créer de nouveaux, ce qui est toujours risqué…  L’épargne va aux riches et non aux entrepreneurs car bien sûr, les banques préfèrent prêter aux premiers qu’aux seconds…Et du coup le stock de capital n’augmentant pas, la productivité du travail baisse tandis que la dette augmente ainsi que le prix des actifs (l’un étant la cause de l’autre) et les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres…

Et donc, les clients de monsieur Minc, tels les fonds de LBO et les fonds vautour s’enrichissent aux détriments des salariés (qui sont virés pour cause de rationalisation et de « dégraissage »). Et les vrais entrepreneurs sont soumis à la concurrence déloyale des sociétés « zombie » qui devraient faire faillite mais ne le font pas puisqu’emprunter pour survivre ne coute rien. Les taux bas maintiennent en vie les dinosaures et du coup, empêchent l’émergence des mammifères. Les taux bas entravent la sélection naturelle, ce qui empêche la création destructrice de se produire. Et la croissance disparait.  

Ce qui m’amène à une loi économique qui ne connait pas d’exception : Une politique durable de taux bas favorise TOUJOURS les  anciens riches (Goldman-Sachs, monsieur Minc, les activités de fusion et acquisition) au détriment des pauvres, des salariés et des petits entrepreneurs, qui ne trouvant pas à se financer ne peuvent embaucher ceux qui ont été virés par les pilleurs d’épaves et sont obligés de se vendre aux financiers.  

Venons-en au deuxième point central du Keynesianisme, la dépense étatique comme origine et stabilisateur de la croissance.

Voila la deuxième grande idée de monsieur Keynes : La croissance ne vient ni de l’invention (Schumpeter) ni de la bonne gestion (Ricardo), mais vient des actions de l’Etat (c’est-à-dire des ODS) veillant à ce que la demande « finale’ ne baisse pas, ce qui revient à dire que la solution est de payer des gens à ne rien faire si l’économie ralentit. Keynes conseillait d’embaucher des gens qui feraient des trous le matin pour les reboucher pendant l’après-midi… Les tenants de cette thèse appellent cela « la gestion de la demande globale par l’Etat » et ils sévissent en France depuis la présidence Giscard. 

Inutile de dire qu’il s’agit là d’une idée à nouveau totalement stupide et qui n’a jamais marché et pour une raison très simple : comme le disait Milton Friedman : « il n’y a rien de plus durable qu’un programme temporaire lancé par le gouvernement ». Si le poids de l’Etat dans l’économie augmente, cela veut dire inévitablement  la part du secteur privé y baisse. Admettons que le secteur public fonctionne la plupart du temps sans prix de marché, sous monopole et grâce à la contrainte (je n’ai pas le droit de ne pas m’inscrire à la Sécu…). 

Il s’agit donc là d’une économie communiste et comme le disait l’un de mes vieux professeurs à Toulouse : il n’y a que deux sortes d’économies possibles, celles qui fonctionnent selon la main invisible d’Adam Smith ou celles qui fonctionnent grâce au grand coup de pied dans le derrière de Joseph Staline. 

Liberté ou contrainte, il faut choisir. Et choisir le système de production communiste a rarement amené à une hausse du niveau de vie. Le nombre de gardiens dans les camps de rééducation par contre en général explose.

Grace à Dieu, il existe un pays où le choix à chaque élection a toujours été entre la main invisible et le coup de pied dans le derrière, ce qui nous permet de vérifier l’effet sur la croissance de chacun des deux systèmes dans le même pays, et ce pays c’est la Grande Bretagne. Un coup, les lecteurs choisissent Smith, un coup ils choisissent Staline.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Les travaillistes sont pour un accroissement des dépenses de l’Etat, les Conservateurs pour une baisse. Quand l’un ou l’autre est élu, le gouvernement mis en place augmente ou baisse les dépenses de l’Etat en fonction des promesses électorales. Les Anglais dans l’ensemble obtiennent ce pour quoi ils ont voté, ce qui chacun en conviendra est une preuve de plus de leur immense fourberie. Quand les travaillistes prennent le pouvoir, ils suivent une politique de hausse des dépenses étatiques et la croissance structurelle s’effondre deux après.  Et quand les conservateurs l’emportent, le contraire se passe. C’est ce que montre le deuxième graphique et comme chacun peut le voir, il faut deux ans à nouveau pour que les résultats des choix politiques du pays apparaissent. 

 

Conclusion

Dans le fond, tout observateur à l’esprit scientifique sait que ce que je viens d’écrire est vrai. La question est donc : pourquoi des gens qui devraient être informés disent-ils que des taux bas et une forte croissance de l’Etat dans l’économie sont une bonne chose alors qu’à l’évidence c’est le contraire qui est vrai ? 

La réponse est dans les délais et dans les objectifs que vous vous fixez. Quand vous suivez une politique que vous savez idiote, mais que cette politique a des effets favorables pendant ses deux premières années, et désastreux ensuite, si vous êtes un démagogue et un salaud, vous la recommanderez à ceux qui sont au pouvoir deux ans avant les élections pour qu’ils puissent s’y maintenir.  Et au diable les conséquences à long-terme. Ce qui compte est que vos amis restent au pouvoir le plus longtemps possible pour que le capitalisme de connivence reste en place. 

Et ce qui est en train d’arriver à monsieur Minc et à tous les thuriféraires du Keynésianisme est simple : après des décennies de démagogie et de mensonge, les effets désastreux à long-terme des politiques visant à influencer les deux prochaines années sont en train de submerger les effets positifs à court terme. 

Je ne ferai pas l’insulte à monsieur Minc et aux autres de dire qu’ils ne savent pas que ce que je viens de décrire est vrai. Ce que veut donc dire monsieur Minc en appelant à l’émergence d’un nouveau Keynes ou d’un nouveau Friedman, c’est qu’il espère que quelqu’un va trouver à nouveau une manipulation qui permette aux démagogues de continuer à tromper le peuple. Il s’agit tout simplement de piller les pauvres pour enrichir les puissants. Et donc, le Keynésianisme va échouer, comme le Marxisme a échoué, et pour les mêmes raisons.

On disait autrefois que nul ne pouvait être communiste, intelligent et honnête à la fois. Il faut bien se rendre compte que le Keynésianisme est au communisme ce que le coca-zéro est au coca. Et donc nul ne peut être keynésien, intelligent et honnête à la fois..

La croissance économique vient de la possibilité pour tout un chacun d’exercer sa Liberté en fonction de ses choix individuels, sous le contrôle d’une Loi qui est la même pour tous et non pas de recettes de cuisine des Minc de ce monde qui ont permis aux puissants de conserver un pouvoir qu’ils auraient dû perdre depuis bien longtemps. Mais cela est fini.  

Le Roi est nu. Les ODS, comme le parti communiste en URSS ont perdu toute légitimité et ils vont donc perdre le pouvoir, partout. Et c’est une bonne, une très bonne nouvelle. 


Semer à son âge, passe encore, mais planter…

 

Comme chaque année, l’Institut des Libertés va interrompre ses publications de la mi-Juillet au début de Septembre, ce qui suffira à peine à recharger les petites cellules grises qui me servent de cerveau. Et comme je suis le plus vieux dans l’équipe, c’est chez moi que cela prend le plus de temps. Il faut au moins six semaines pour arriver à un résultat raisonnable

Bref, me voilà à nouveau en Avignon, un chien à mes pieds, un verre de Châteauneuf du Pape blanc à la main, un cigare à la bouche, en train de réfléchir à la façon dont l’Institut des Libertés pourrait se rendre un peu plus utile dans l’année qui arrive que dans le passé.

Rien n’est décidé, mais voici mes pistes de réflexion.

Partons d’une constatation tout à fait évidente : nous vivons une période historique de recul de l’intelligence, comme notre pays en a très peu compté dans son histoire et cela vient de la confusion mortelle entre le crime et le péché, qui avait disparu depuis Abélard.

Je me permets de citer des extraits en Italiques d’un article que j’avais publié il y a sept ans.

Abélard (1079- 1142) est resté dans l’histoire un peu pour les mauvaises raisons, ses amours avec la belle et savante Héloïse. On oublie que sa contribution au développement de la pensée occidentale fut considérable : formidable logicien, il mit en lumière une distinction fondamentale qui allait permettre, à terme, la séparation entre l’Église et l’État. 

Selon Abélard, il existait une distinction essentielle entre le crime et le péché. 

Le crime n’existait que s’il était reconnu par la loi. Nulla crimen sine lege  (pas de crime qui ne soit reconnu par la loi) disait déjà le droit Romain et il était, donc, du ressort de la puissance publique de le punir et de l’empêcher puisque tout crime est destructeur de l’ordre social.

Le péché, en revanche, ressort de la morale privée et il revient à Dieu, et à Dieu seul, de le punir.  Chacun doit s’en repentir tout en essayant d’en corriger les effets par ses actions ultérieures.

Il revient par conséquent à l’État de punir le crime, mais en aucun cas de sanctionner le péché. Aux yeux de la puissance publique, une action peut être un crime sans représenter un péché, tandis qu’un péché aux yeux de l’Église peut ne pas être du tout un délit aux yeux de la société.

Que le lecteur se souvienne, à cet égard, de la formule de François Mitterrand, mentionnant « la force injuste de la Loi ». Opposer la Loi à la Justice, c’est réintroduire au cœur de la démocratie la préférence pour une morale collective, voire une religion. 

Dans un état de droit la « morale » n’existe pas. Seule existe la légalité.

La Loi DOIT donc s’appliquer à tous également, la morale, elle, ne peut être qu’individuelle.

Ce qui veut dire aussi que l’État ne peut pas et ne doit pas se servir du monopole de la violence légitime qui lui a été impartie pour faire triompher la conception de la morale que défendent ceux qui en ont pris le contrôle.

Et c’est là que les choses se gâtent.

Nous sommes en train d’abandonner ce principe, qui a pourtant été le socle de notre civilisation.

De fait, pour moi, le débat n’est plus entre la gauche et la droite ou entre globalistes et nationalistes, mais entre ceux qui défendent la primauté de chaque individu à effectuer ses choix moraux au cas par cas, et ceux qui veulent imposer leur morale préfabriquée aux autres et ramener nos sociétés à une forme moderne de théocratie, les choix individuels étant prédéterminés par le credo d’une nouvelle religion, celle des Droits de l’Homme ou de l’Écologie (Ce sont d’ailleurs les mêmes).

Car la théocratie est antinomique à la Démocratie, qui n’est PAS l’imposition de la volonté majoritaire à l’ensemble de la population (vous avez juridiquement tort puisque vous êtes minoritaires, Laignel 1981) mais la protection des minorités contre la tyrannie majoritaire.

Les Droits de l’Homme cela n’existe pas.

Il n’existe que le Droit de chaque individu à effectuer ses choix librement dans la cadre de la Loi, qui ne peut se fonder sur la morale collective, puisque celle-ci n’existe pas.

Ce qui suppose que la Société accepte comme nécessaire à son fonctionnement la dissension et la discorde.

Pour un « honnête homme », la Vérité n’existe pas, mais on peut s’en rapprocher par la discussion entre gens de bonne compagnie, voilà ce que voulait nous enseigner Socrate, voilà la cause première de l’émergence de cette civilisation qui est la nôtre.

Je suis rentré en France il y a trois ans et je me suis depuis rendu compte avec horreur que la Classe Dirigeante (allant de Juppé à Fabius et trouvant sa fin dans tous les sens du terme avec Emmanuel Macron) avait comme projet de supprimer tout débat, puisqu’eux, ils SAVENT ce qui est bon et ce qui est juste.

Pour arriver à leurs fins, en bons Marxistes Gramsciens qu’ils sont, ils ont pris le contrôle de l’Éducation et des Media et depuis longtemps.

Et bien sûr, une véritable chappe de plomb est tombée sur notre pays et il faut bien le dire, sur beaucoup d’autres

Et du coup, les idées que je défends, et qui me viennent du Christ, d’Abélard, de Thomas d’Aquin, de Montaigne et des Lumières anglo-saxonnes ne sont plus enseignées, tandis que ceux qui les portent ne sont plus invités nulle part dans les media.

Et donc la solution ne peut pas être politique puisque gagner les élections et laisser l’Éducation et les media aux mains de ceux qu’il faut bien appeler nos ennemis, puisqu’ils veulent nous tuer, c’est garantir que nous perdrons encore et toujours.

Ce qui veut dire qu’à’ l’IDL, à partir de Septembre nous allons concentrer nos efforts sur les media et sur l’éducation puisque c’est là que se joue la bataille.

Media

  • L’IDL va embaucher sans doute une ou deux personnes à temps plein à partir de Septembre pour augmenter un peu le contenu éditorial de l’IDL mais aussi pour organiser dans nos nouveaux bureaux qui devraient être à côté de la place Victor Hugo à PARIS, un ‘ « Lieu », ou chacun pourrait venir comploter à son aise en compagnie de ses amis, ou le cas échéant, en découvrir de nouveaux. Rien de durable ne se fait sans un lieu de ralliement. Dans cet endroit, le dernier étage sera consacré à la création d’un studio multi media qui pourra être prêtée (ou louée) à ceux qui auraient envie de participer à la création d’un endroit d’où nous pourrons parler tranquillement avec des gens avec lesquels nous ne serons pas obligatoirement d’accord, sans nous faire piéger, insulter ou ridiculiser
  • Déjà, avec Richard Détente, de Grand-Angle, nous sommes en train de mettre en boite des cours d’économie politique (et non de science économique, qui est une foutaise) et qui seront disponibles sur You Tube, où votre serviteur répondra aux questions sur ce qu’est la monnaie, d’où vient la croissance, quel est le rôle des différents joueurs (état, entrepreneurs, banques, épargnants, marchés[CG1] financiers etc.). Deux « cours « sont prêts, d’autres suivront, une dizaine au total.
  • Avec d’autres sites, d’autres « amis » nous organiserons des débats entre ceux que j’appelle les gens de bonne volonté, qui seront aussi mis au fur et à mesure à la disposition de ceux que cela intéresserait.

Le but de tout cet effort sera de montrer qu’il n’existe d’idées, comme le disait Popper que chez ceux qui sont prêts à les soumettre à la critique et au débat contradictoire.

Ce qui revient à dire que ce qui caractérise ceux qui dominent le monde intellectuel d’aujourd’hui, c’est tout simplement le manque total d’idées.

 

Enseignement.

On ne peut pas reformer l’éducation nationale, mais on peut la contourner. C’est ce que font avec beaucoup de talent nos amis de l’Institut de formation politique ou IFP, dirigé par Alexandre Pesey.

L’IFP entend bien multiplier les formations s’adressant à ceux qui veulent intervenir dans la vie de la Cité, aider les journalistes à redevenir des hommes libres, se consacrer à des activités associatives ou humanitaires.

L’IDL a bien l’intention de continuer à l’IFP, car l’IFP est l’une des seules entités dont nos ennemis peuvent craindre le développement.

 

En conclusion, mon but, qui n’a rien de modeste est de partir de la réalité ultime que le futur appartiendra toujours aux minorités et jamais aux majorités.

Et que pour que ces minorités puissent agir pour le bien commun, il leur faut d’abord être formées, et ensuite être informées et que cela ne peut se faire que dans le doute et la contradiction.

Le seul problème que j’entrevois est que si cela commence à bien marcher, alors mes ressources n’y suffiront pas

C’est un problème que j’espère avoir assez vite et dans ce cas, je ne manquerai pas de vous le faire savoir, pour que nous le résolvions tous ensemble.

Bonnes vacances et rendez-vous au premier lundi de Septembre.

Charles Gave


Et voila! L’Allemagne va mal.

L’Allemagne est dans une situation épouvantable.

Commençons par la démographie.

Le taux de fécondité des femmes qui devrait être à 2.1 enfants par femme pour assurer le remplacement des générations stagne à 1.4 depuis des décennies, et du coup la population allemande baisse-déjà- de 200000 personnes par an et les choses vont s’aggraver.

En effet, et compte tenu du vieillissement inéluctable de la population, dans les années qui viennent, le nombre de retraités chez nos voisins va littéralement exploser et il n’y aura pas assez de jeunes pour payer les retraites de tous ces gens qui n’ont pas fait d’enfants. Tous les jeunes Italiens, Grecs ou Espagnols, chassés de chez eux par l’imbécile Euro et qui ont trouvé du travail outre-rhin vont quitter l’Allemagne à ce moment-là, tant ils n’auront pas envie de payer des impôts monstrueux pour soutenir tous ces vieillards stériles, dont le revenu va donc s’effondrer, ce qui n’annonce rien de bon pour la croissance.

Continuons par l’économie ; L’Allemagne qui a bénéficié d’une monnaie sous-évaluée a du coup investi massivement dans tous les secteurs ou elle était anormalement compétitive (à cause de l’euro, encore une fois), c’est-à-dire dans les voitures et les machines-outils qui servent à construire des voitures. Or, d’ici dix, quinze ans, plus personne n’aura besoin de voitures puisque des automobiles sans chauffeur se baladeront dans les rues et que chacun pourra en appeler une avec son téléphone. Voilà qui devrait faire baisser la production d’automobiles dans des proportions inouïes puisque la voiture d’aujourd’hui reste immobile environ 90 % de sa durée de vie.

Qui plus est, ces voitures seront électriques et toutes les batteries sont fabriquées en Asie. Et ces véhicules seront beaucoup moins compliqués et donc moins rentables que ceux fabriqués de nos jours. En conséquence, la rentabilité et le chiffre d’affaires de l’industrie automobile allemande vont s’effondrer.

Quelque part, l’Allemagne est devenue le producteur de diligences le plus efficace au moment où elles allaient être remplacées par les chemins de fer.  Voila qui mérite des applaudissements.

Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut.

L’Allemagne a toujours été un pays mercantiliste, le but de la politique économique étant de dégager des excédents extérieurs.

Les autorités allemandes pensent qu’une balance commerciale est comme un compte d’exploitation pour une entreprise, ce qui est ânerie théorique considérable.  Si je vends des voitures et que je touche des bouts de papier en échange, émis par des gens qui ne me rembourseront pas, je suis gagnant ! Ah bon, que voilà une conception curieuse…

Dans le fond, le mercantiliste est un suceur de roue comme on dit dans le cyclisme. L’idée est de laisser les autres faire des efforts sans en faire aucun soi-même et de tirer les marrons du feu au dernier moment, non sans donner des leçons de vertu à tout le monde une fois la ligne franchie

Et donc tout est fait pour favoriser les exportations et freiner les importations. Du coup, le seul moment où l’économie allemande est en croissance se produit quand le commerce mondial se développe, comme le montre mon premier graphique.

 

 

Et  bien sûr, quand le commerce mondial ralentit, l’économie allemande entre en récession à chaque fois puisque les exportations allemandes baissent et que les exportations sont LA seule chose qui tire l’économie allemande, ce qui est bien normal puisqu’ils sont mercantilistes.

Et ce n’est pas une population dont le nombre diminue de 200000 personnes par an, déjà logée, et partant a la retraite qui va augmenter sa consommation…

Et comme nous sommes en train de passer dans le monde entier de la globalisation a la de-globalisation, il est clair que le commerce mondial va cesser de croitre.

Et donc les investissements vont s’écrouler puisque nous entrons dans une période de surcapacité.

Chacun sait que le PIB est égal aux dépenses de l’état (G) auquel il faut ajouter l’investissement (I), le solde du commerce extérieur (Exportations – Importations ou (X-M)) et la consommation (C), selon la formule Pib= G+I +(X-M) +C

Il est évident que la consommation, les exportations et les investissements vont baisser structurellement. Voilà qui n’augure rien de bon pour l’activité économique outre-Rhin. La seule chose qui va certainement augmenter ce sont les dépenses étatiques (G), à cause de la hausse du nombre des retraités, et donc les impôts ou la dette….

Mais il y a pire.

Depuis vingt ans, c’est-à-dire depuis les débuts de l’Euro, l’Allemagne a prêté des sommes absolument immenses à tous ses voisins de la zone euro, pour qu’ils achètent des produits allemands. La totalité de ces prêts se montent à près de 900 milliards d’euro, les principaux récipiendaires ayant été les Espagnols et les Italiens.

Le contrat était en quelque sorte : « je vous donne une voiture toute neuve et en échange, vous me donnez une reconnaissance de dettes ».  A chacun de se rendre compte s’il vaut mieux être le Grec propriétaire d’une Mercedes ou le fond de retraite allemand qui a dans ses actifs la reconnaissance de dette du Grec.

La comptabilité de tous ces bouts de papiers reçus ou donnés par un pays europeen à un autre se fait dans un système appelé Target 2, un monstre technocratique de plus, auquel peu de gens comprennent quoi que ce soit.

Le deuxième graphique montre l’évolution de ce système « Target 2 entre l’Allemagne et le reste de la zone Euro, ou l’on voit que l’Allemagne a accumule 900 milliards d’euros de créances sur ses voisins.


 

Puisque les pays du Sud ne sont plus compétitifs, ils règlent ces déficits non plus en envoyant des produits venant de chez eux (du style vin, parfums ou avions), ni en vendant leurs actifs aux allemands (Majorque devenant un nouvel länder allemand), ni en liquidant leurs réserves de change (or ou dollar), ce qui était le cas avant l’euro, mais avec des bouts de papier qui ne sont rien d’autre que des reconnaissances de dettes qui ne seront jamais honorées.

Regardons les chiffres : depuis l’origine du monstre, l’excédent allemand cumulatif vis-à-vis du reste de la zone euro se monte à 864 milliards d’euros ce qui correspond a peu de choses près à la balance Target excédentaire de l’Allemagne telles que calculée par la BCE (900 milliards), et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

Et miraculeusement, cette somme est à nouveau à peu près équivalente aux déficits « Target » cumulés de l’Italie et de l’Espagne …

Explications pour ceux qui n’auraient pas compris :  l’Allemagne a pratiqué à une échelle inconnue jusque-là ce que l’on peut appeler le crédit fournisseur, prêtant à ses clients pour que ceux puissent acheter ses produits.

Les entreprises allemandes ont ainsi prêté 900 milliards d’euros aux italiens et aux espagnols pour que ces derniers achètent leurs voitures. Bien entendu, cet argent ne sera jamais remboursé et donc les soi-disant profits faits par les entreprises allemandes sont purement illusoires. Et quand cela deviendra évident, ces entreprises verront leurs cours de bourse s’écrouler, ce qui a déjà bien commencé.

BMW, VW ou Mercedes auraient pu coller leurs voitures sur un bateau et aller le couler au large de Hambourg, le résultat aurait été le même. Et bien sûr, quand ces créances ne seront pas remboursées, le système financier allemand sautera, ce qu’annonce déjà les cours de bourse des banques allemandes.

L’Allemagne dispose donc aujourd’hui d’un appareil de production pour fabriquer des automobiles hyperconcurrentiel, flambant neuf et en parfait état, après avoir foutu en l’air les appareils de production Italien ou Français grâce à la sous-évaluation de leur monnaie à l’intérieur de l’euro, ce dont tout le monde les félicite. Le seul inconvénient est bien sûr que plus personne ne va avoir besoin de voitures dans le futur, et que cet appareil ne vaut donc plus rien.

Et bravo !

A l’origine de tous ces désastres, l’Euro…

Avoir réussi à ruiner l’Allemagne après avoir détruit les industries Italiennes et françaises, voilà qui n’était pas à la portée du premier venu. C’est pourtant ce que messieurs Delors Trichet et Draghi et tous leurs alliés à Bruxelles ont réussi à faire en moins de vingt ans, ce qui donne une idée de leur immense talent.

Mais après tout, peut-être voyaient ils très loin devant eux et avaient-ils compris que l’Euro allait détruire l’Allemagne « in fine », ce qui était leur but ultime ? Certes, cela impliquait de ruiner d’abord la France et l’Italie, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs disait Lénine. Si tel était leur but, ils ont parfaitement réussi et il me faut m’incliner, à contre cœur bien sûr, devant une telle prescience et une aussi remarquable capacite à organiser l’avenir. A côté d’eux Tocqueville apparait comme un enfant.

 

 

 


Energie et économie

Le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas un perdreau de l’année.

J’ai commencé dans ce métier en Février 1971, c’est dire si j’ai vu, entendu (et proféré moi-même) des imbécilités innombrables sur ce qu’était l’économie.

Finalement, au bout de tout ce temps-là, je suis arrivé à la conclusion qu’après tout l’économie n’était que de l’énergie transformée.

Je m’explique. Rien ne se fait, rien ne se vend qui ne consomme de l’énergie.

Puisque tout part de l’énergie, la grande question est donc : l’énergie est elle suffisamment abondante et bon marché pour que les différents produits qui en sortent le fassent de façon rentable, ou pas ?

Si la rentabilité de la transformation de l’énergie en produits est satisfaisante, alors tout va bien et nous nous trouvons dans une période de croissance sans inflation où les marchés financiers vont monter de façon régulière.

Si cela n’est pas le cas, il faudra que le prix de la plupart des produits grimpe pour qu’ils couvrent leurs couts énergétiques. Certaines entreprises ne pourront pas le faire et devront disparaitre et dans ce cas, nous aurons à la fois une hausse de l’inflation et une croissance de l’économie faible voir négative.

Et c’est là ou il me faut expliquer une réalité que peu de gens prennent en compte.

La production d’énergie requiert des investissements immenses, fort couteux et qui prennent un temps fou à se mettre en place. Le cycle énergétique est donc profondément différent du cycle économique.

Que le lecteur me permette à ce point du raisonnement de décrire le cycle énergétique.

Partons d’une période pendant laquelle l’énergie est « bon marché ».

Si l’énergie n’est pas chère, cela veut dire que la rentabilité du capital investi dans ce domaine est inférieure à ce qu’elle est dans la production des biens qui s’en servent. Dans ce cas-là, il vaut mieux être consommateur d’énergie que producteur d’énergie et donc les nouveaux investissements pour trouver du pétrole, du gaz ou bâtir une centrale nucléaire s’arrêtent, tandis que les cours des valeurs énergétiques stagnent ou baissent en bourse.

L’OFFRE d’énergie donc cesse d’augmenter puisque faire des investissements dans ce secteur n’est pas rentable.

Mais par conte la DEMANDE ne cesse de croitre, puisque transformer de l’énergie en produits est rentable.

Et cet état de fait peut durer de dix à vingt ans…

Arrive cependant TOUJOURS un moment où la demande d’énergie passe AU DESSUS de l’offre. Et là, quelque chose de très curieux se passe : les prix de l’énergie ne se mettent pas à monter doucement, mais littéralement explosent à la hausse, triplant ou quadruplant en quelques années, car la demande de cette matière première est « inélastique » par rapport aux prix, comme le disent les économistes. Que veulent dire ces esprits sérieux ?

Tout simplement que nul ne peut se passer d’énergie pour produire quoi que ce soit, puisqu’il n’y a pas d’alternative. Le choix est soit de payer quel que soit le prix, soit de fermer boutique.

S’engage donc une lutte darwinienne entre tous les consommateurs de pétrole ou d’électricité pour ne pas faire faillite, ce qui veut implique de faire payer plus au consommateur final, d’où la vague inflationniste qui suit souvent les hausses du prix de l’énergie.  Certains n’y arrivent pas et ferment leurs usines, ce qui met des tas de gens au chômage et voila qui ne favorise guère la hausse du pouvoir d’achat moyen et qui crée des recessions…

Et c’est bien entendu à ce moment-là que les sociétés productrices d’énergie se mettent à gagner de l’argent gros comme elles et voient leurs cours exploser en bourse (D’où leur remarquable popularité). Et du coup, elles se mettent à investir massivement puisque produire de l’énergie est à nouveau extrêmement rentable.

Au bout de quatre ou cinq ans, les nouvelles capacités apparaissent dans le marché tandis que la demande a bien baissé, et nous nous retrouvons ramenés au problème précèdent, comme disent les matheux : l’offre passe au-dessus de la demande et nous sommes repartis pour dix à quinze ans de stabilité.

Le résultat final est que la rentabilité boursière du secteur énergétique sur chaque période de vingt ans est très supérieure à la rentabilité du reste de la bourse, mais que la distribution de cette rentabilité est très différente : les valeurs énergétiques quadruplent en très peu de temps, pour ne plus rien faire pendant les quinze années qui suivent, tandis que les autres valeurs connaissent des parcours beaucoup plus lissés. Pour faire simple, les valeurs énergétiques montent de façon discontinue, et les autres de façon continue et régulière.

Et donc, si l’on est gérant, il ne faut pas avoir de valeurs énergétiques les trois quarts du temps pour n’avoir que ça le quart du temps, ce qui n’est guère facile dans la pratique et amène à se poser deux questions :

  1. D’où va venir l’augmentation de le demande, préalable nécessaire à la hausse des prix.
  2. Comment puis-je suivre la situation et savoir à quel moment je dois passer des secteurs qui consomment de l’énergie à ceux qui en produisent ?

Commençons par la première question : d’où va venir l’augmentation de la demande dans les prochaines années ?

Réponse : des nouvelles technologies : l’émergence d’internet et de tout ce qui s’y rattache (stockage de données, ventes en ligne, objets connectés etc…) amène à une formidable croissance de la demande d’électricité dans le monde entier et cette hausse de la demande ne fait que commencer.

  • Si l’internet était un pays, ce pays serait aujourd’hui le troisième consommateur d’électricité après les Etats-Unis et la Chine.
  • Cette demande double tous les quatre ans
  • En 2030, la demande d’électricité pour ce secteur sera égale à la demande mondiale d’électricité en …2008
  • Et je ne parle pas de la conversion à l’électricité des voitures…

Voila qui nous annonce une remarquable pénurie d’électricité à un horizon pas trop lointain.

Et cette pénurie devrait être aggravée par le fait que dans toutes nos démocraties, nous élisons des écologistes, qui n‘ont qu’une idée, freiner et empêcher la production d’énergie, et nous faire marcher pieds nus dans la neige couverts de robe de bure marron qui seront tissées à la main par nos femmes qui retrouveront enfin un emploi. (Achetez la Russie et la Chine)

Première conclusion donc : la prochaine crise de sous capacité énergétique ne saurait trop tarder.

Ce qui m’amène à la deuxième question : comment suivre l’évolution de la situation au jour le jour, pour être prêt au moment du basculement ?

Très simple. Il suffit de faire le rapport entre le cours du baril de pétrole et le S& P 500, l’indice des valeurs américaines, Voici ce ratio, base 100 en 1988.

 

 

Ce ratio revient toujours à la moyenne, aux alentours de 100.  Nous sommes à 33….

Nous sommes donc 67 % EN DESSOUS  du niveau d’équilibre à long-terme. Le pétrole est beaucoup trop bon marché pour que des recherches aient lieu. Du coup, les valeurs énergétiques sont au plus bas.

On peut donc commencer à acheter des valeurs d’énergie qui ont d’importantes réserves de gaz et de pétrole, doucement, doucement, rien ne presse.  Mais comme elles rapportent de 5 %   à 9 %  et que les dividendes sont bien couverts, voila qui me semble plus intelligent que de détenir des obligations françaises ou allemandes.

Le jour ou la ligne rouge passera au-dessus de la ligne noire (moyenne à 5 ans du même ratio), il sera très probable que le rattrapage qui va amener la ligne rouge à 200 ou au-dessus a commencé.

Dans ce cas-là, il faudra vendre les actions consommatrices d’énergie et se précipiter sur les valeurs énergétiques, et faire ds moyennes en hausse.

Nous n’y sommes pas encore, mais surveiller ce ratio me semble être une bonne idée.

En conclusion, j’aimerais rappeler que les banques centrales peuvent faire beaucoup de choses pour fausser les prix et qu’elles ne s’en privent pas.

Mais elles ne peuvent pas produire du pétrole…

Et donc les périodes de hausse du prix de l’énergie sont toujours inflationnistes, sans que les banques centrales puissent y changer quoi que ce soit. Nous nous en rapprochons rapidement.

Ce sera bien entendu aussi celui ou les populations voudront pendre les banquiers centraux car c’est là que les dettes de passé deviendront difficiles, voire impossibles àpayer puisque les taux d’intérêts monteront sans que les banques centrales y puissent quoi que ce soit.

Les entreprises devront payer plus pour leur énergie et en même temps payer plus pour servir la dette accumulée dans le passé. Voila qui n’augure rien de bon pour leurs profits.

Nous n’y sommes pas encore, mais, comme cela se produit à chaque fois, je ne pense pas que nous allons être “déçus en bien”, comme le disent nos amis Suisses…