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Quand j’étais enfant, l’histoire du polytechnicien qui arrachait les pattes d’une puce une à une et qui donnait l’ordre à la  pauvre bête de sauter me faisait toujours rire. La puce sautait à chaque fois sauf quand elle n’avait plus de pattes et la conclusion imparable était qu’une fois toutes les pattes arrachées, la puce devenait sourde.

Nous en sommes là en Europe en particulier.

Nous avons arraché toutes les pattes du système des prix au travers de manipulations grotesques et technocratiques des taux de change et des taux d’intérêts, la puce (le système  des prix) n’a plus de pattes et les banquiers centraux considèrent que pour qu’elle saute, il faudrait lui mettre un ressort en dessous, avec des taux d’intérêts négatifs, ce qui est totalement idiot, même si c’est ce que leur suggèrent leurs modèles mathématiques dont chacun a pu constater les résultats époustouflants depuis une quinzaine d’années.

Car l’économie est une branche de la Logique et non pas des Mathématiques. Essayons donc de raisonner calmement sur cette idée complètement saugrenue de taux négatifs ou nuls.

Des taux négatifs impliquent que le futur est certain et que le passé est incertain, ce qui est d’une imbécillité foudroyante. Personne ne peut rien changer au passé : comme le disait les Grecs anciens : «Sur le passé, les Dieux eux-mêmes n’ont pas d’empire » et quant à dire que le futur est certain, on a vu les résultats de cette belle idée avec le Socialisme Scientifique. Les taux négatifs ne sont qu’un nouvel avatar de l’idée Marxiste que le futur est connaissable.

En réalité, les taux d‘intérêts permettent l’introduction DU TEMPS et donc de l’incertitude dans le calcul économique. Car le futur est porteur d’incertitudes. Les taux d’intérêts sont censés nous protéger contre cette inconnue. Des secteurs entiers de l’économie ont été bâtis pour essayer de gérer cette incertitude, ce qui permet à  l’économie de fonctionner tant bien que mal.

Essayons de comprendre comment des taux négatifs vont influencer les secteurs de l’économie dont l’existence ne se justifie que par cette incertitude liée au temps.

Commençons par le secteur bancaire.

Les banques reçoivent des dépôts dont je supposerai pour la commodité de la démonstration qu’ils peuvent, en théorie, être retirés à tout moment. Dans la pratique sauf en cas de panique bancaire, ces dépôts sont assez stables. Le rôle des banques est de prêter cet argent «potentiellement instable» de façon «stable» en prenant un risque de «duration» (prêter de l’argent à cinq ans avec des dépôts au jour le jour) auquel s’ajoute bien sur un risque de signature.

Ce double risque est couvert par le fait que l’argent à cinq ans sera plus cher que l’argent au jour le jour et qu’un débiteur risqué payera plus qu’un débiteur qui ne présente aucun risque. Une grande partie de ce double risque est couvert par le fait que l’argent emprunté par la banque (les dépôts) sera bien meilleur marché que l’argent qu’elle va prêter, ce qui couvre, au moins en partie, le risque que certains débiteurs ne payent pas.

Si les taux à  cinq ans sont très supérieurs au taux à  trois mois pour les obligations d’Etat, une forte partie de la rentabilité de la banque viendra de l’arbitrage entre le 3 mois et le cinq ans et cette rentabilité permettra à cette même banque d’amortir tout ou partie des pertes qu’elle ne manquera pas de connaitre sur la partie des prêts qu’elle aura consenti au secteur privé. Une courbe des taux pentue, comme chacun le sait, favorise les activités de prêts des banques.

Si par contre les taux à cinq ans pour l’emprunteur sans risque (l’Etat local) sont négatifs, la seule solution pour la banque sera de monter massivement les taux d’intérêts sur les emprunteurs à risque puisque la possibilité de subventionner les taux des prêts en jouant la différence entre le 3 mois et le 5 ans sur les prêts sans risque a disparu. Des taux négatifs pour les obligations d’Etat déclenchent donc une hausse des taux réels pour les emprunteurs du secteur privé, et amènent automatiquement à un ralentissement économique. Des taux négatifs brisent en fait la capacité des banques à effectuer leur travail d’intermédiation «temporel» entre les déposants et les emprunteurs et ne peuvent qu’amener à une baisse des prêts et donc de la rentabilité de la banque et de là, à un ralentissement  durable de l’économie.

Le seul gagnant est l’Etat qui lui emprunte à un taux négatif, ce qui veut dire que l’épargnant au lieu de financer le secteur privé local subventionne la hausse des dépenses gouvernementales dont chacun sait depuis Keynes qu’elles sont porteuses de croissance, comme l’exemple de l’URSS l’a amplement démontré.

Venons-en  maintenant à l’épargne longue telle qu’elle est déployée par les compagnies d’assurance ou les caisses de retraites.

Contrairement aux banques, dont une grosse partie de la rentabilité provient du levier qu’elles prennent (elles « empruntent » des dépôts qu’elles prêtent avec une forte marge), quand on parle des assurances ou des fonds de pension, on parle de gens qui dans l’ensemble investissent leurs fonds propres ou ceux de leurs clients  soit pour indemniser les assurés en cas de catastrophe, soit pour verser des retraites.

Dans ce cas de figure, les intervenants ne pratiquent en général que peu d’effet de levier et investissent donc ce qui correspond à  des fonds propres. Les « risques » pris sont  en général à duration très longue. Si la banque centrale manipule les taux longs pour les amener à un niveau anormalement bas, le modèle économique de tout ce secteur se brise et la faillite de nombreux intervenants est à craindre.

Prenons l’exemple de l’assurance vie en France, investie massivement en obligations de l’Etat Français.

Les taux sur le 10 ans sont à 0.6 %, ce qui ne couvre pas les frais de gestion des contrats.

Et pourtant, les assurés vont recevoir 2 % cette année.

Comment est ce possible ?

C’est tout simple.

Les obligations achetées il y a deux ou trois ans à 100 sont à 104 ou 105  et donc les assurés reçoivent leurs 2 %.

Mais il faut bien se rendre compte qu’il ne s’agit pas de rentabilité du capital, mais d’un remboursement du capital. Quand le stock d’obligations anciennes sera épuisé, les contrats d’assurance vie « rapporteront » une perte de 1 % au minimum chaque année. En fait,  les assurés-vie sont en train de bouffer leur capital et personne ne leur dit…

C’est exactement ce qui s’est passé au Japon ou deux assurances vie viennent de fermer.Et c’est tout à fait normal. L’épargne longue ne peut pas être rémunérée moins que l’épargne courte sans que le système économique n’implose.L’idée centrale du Keynésianisme, au pouvoir dans toutes les banques centrales des pays développés, est qu’il faut procéder à l’euthanasie du rentier puisque tous nos malheurs viennent de l’excès d’épargne dans le système.Forts de cette brillante idée, après avoir monopolisé l’épargne au profit des Etats, qui ne connaissent aucun problème quand il s’agit de dépenser à  tort ou à  travers,  nos gouvernements veulent maintenant la détruire pour que les Etats n’aient pas à rembourser.

Voila qui me parait inquiétant.

Dans les marchés financiers sont traités deux sortes de contrats juridiques :

-Des parts de propriétés, sur les actions,

-Des reconnaissances de dettes, sur les obligations.

Le moins dangereux des deux, aussi paradoxal que cela paraisse, c’est bien entendu des parts de propriété dans des entreprises cotées dans des circonscriptions ou le droit de propriété est encore reconnu. Les reconnaissances de dettes m’inquiètent, surtout en Europe et encore plus dans la zone Euro.

Mais, je ne suis pas sourd.

Catégories: Charles Gave, Economie

Auteur: Charles Gave

Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faites rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l'IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research (www.gavekal.com).

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32 Commentaires

  1. M.Gave , le mecanisme de taux negatifs permet a l’ etat d’ eviter la faillite. Pour le petit rentier ( qui touche un loyer commercial ) quel est le moyen de placer ce qui lui reste , sans subir cette lente et continuelle saignée ?
    Que pensez-vous de l’ or physique ?

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    • Cher Monsieur,

      l’or c’est un cash flow négatif; Le mieux encore est de choisir des actions avec un, certes petit dividendes. Vous regardez dans quelles compagnies vous auriez un ration inversé enarques Vs ingénieurs et vous achetez du air Liquide. Non, blague à part, vous allez vers des actions de sociétés n’ayant rien à voir avec l’état, ou avec les compagnies d’assurances donc des actions dites schumpéteriennes (avec quelque chose de tangible dans la construction)

    • Cher Mr Gave, des actions ” schumpeteriennes” donc de sociétés ” innovantes” qui profitent de la ” creation destructrice des vieilles productions obsolétes” mais néanmoins liées a la construction ?
      Aurirez-vous quelques noms a suggérer ?
      Merci par avance de votre attention;

    • Air liquide

  2. 2008 : dette publique de la Grèce : 263,284 milliards d’euros, soit 112,9 % du PIB.

    En 2008, les autres nations européennes auraient dû accepter de subir des pertes. Elles auraient dû accepter que la Grèce fasse défaut sur la totalité de sa dette publique. Mais, malheureusement, elles n’ont pas voulu subir des pertes.

    En 2008, l’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2009 : dette publique : 129,7 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2010 : dette publique : 148,3 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2011 : dette publique : 170,3 % du PIB.

    En début d’année 2012, la Grèce a fait défaut : 115 milliards d’euros de dettes ont été effacés.

    2012 : dette publique : 157,2 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    2013 : dette publique : 175,1% du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    Troisième trimestre 2014 : dette publique de 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.

    L’Allemagne, la France, et tous les autres moutons de Panurge bêlent : « C’est pas grave. Nous refusons de subir des pertes. Nous continuons à prêter des milliards d’euros à la Grèce en faillite. »

    Dans le Quart Livre, chapitre VIII, Rabelais écrit :

    Soudain, je ne sais comment cela se produisit, je n’eus pas le loisir de le considérer, Panurge, sans dire autre chose, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons criant et bêlant sur le même ton commencèrent à se jeter et à sauter dans la mer tous à la file. Le premier à sauter derrière son compagnon était dans la foule. Il n’était pas possible de les en empêcher. Vous savez en effet que c’est le naturel du mouton, de toujours suivre le premier, où qu’il aille. De plus Aristote dit au livre IX de l’Histoire des Animaux que c’est le plus sot et le plus inepte animal du monde. Le marchand, tout effrayé de voir devant ses yeux périr et se noyer ses moutons, s’efforçait de les en empêcher et de les retenir de toutes ses forces. Mais c’était en vain. Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient.

    http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Quart_Livre

    L’histoire de la zone euro se terminera de la même façon :

    « Ils sautaient tous à la suite dans la mer, et y périssaient. »

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  3. Chiffres Eurostat publiés le jeudi 22 janvier 2015 :

    Dette publique de la Grèce : 315,509 milliards d’euros, soit 176 % du PIB.
    En clair : la Grèce est en faillite.
    Or que lisons-nous aujourd’hui ?

    « L’autre élément important, c’est que la BCE, puisqu’un accord a été trouvé, va pouvoir réintroduire la dérogation qui permettait aux banques grecques de se refinancer normalement à son guichet en utilisant les dettes d’Etat comme collatéraux, autrement dit comme garantie. Ceci permettra, in fine, à l’Etat de financer une partie de ses besoins par l’émission de bons à court terme. »

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150220trib73620a4fa/accord-sur-la-grece-a-l-eurogroupe-sur-un-financement-de-quatre-mois.html

    Dans les quatre mois qui viennent, voici ce qui va se passer :
    1- La Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.
    2- La Grèce va quand même continuer à émettre des obligations d’État.
    3- Les banques grecques vont quand même acheter ces obligations d’État.
    4- Ensuite, les banques grecques vont refourguer ces obligations d’État à la BCE comme collatéraux.
    5- La BCE va quand même accepter ces obligations pourries, et elle va quand même continuer à prêter des milliards d’euros aux banques grecques.
    6- La Grèce va continuer à se surendetter. De toute façon, elle ne remboursera pas sa dette.
    7- En Grèce, les européistes vont continuer à empiler des caisses de dynamite par-dessus les caisses de dynamite déjà existantes.

    Encore quatre mois à empiler des caisses de dynamite supplémentaires.

    Encore quatre mois de fuite en avant.

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  4. Le sort de la zone euro se joue ce vendredi.

    Lisez cet article :

    Wolfgang Schäuble est l’artisan de la nouvelle gouvernance européenne mise en place après 2011 et qui s’appuie sur les directives Two-Pack, Six-Pack, sur le semestre européen, sur le traité instaurant le pacte budgétaire. La zone euro ainsi redéfinie établit comme priorité la stabilité budgétaire. Toute remise en cause de cet ordre ainsi établi représente, du point de vue allemand, le danger d’une nouvelle crise de la dette. Il y a donc nécessité de briser dans l’œuf toute tentative de modifier cette logique. Le combat devient alors politique. Il s’agit de montrer aux électeurs des pays européens qu’il est impossible de disposer de l’euro et de mener des politiques de relance ou des politiques économiques alternatives à celles promues désormais par les structures de la zone euro.

    Vider le programme politique de Syriza.

    Il faut donc absolument non seulement faire un exemple dans le cas grec en prouvant que ces politiques sont impossibles. Voici pourquoi les concessions grecques, qui cherchent évidemment à ménager des marges de manœuvre pour l’application du programme de Syriza, ne peuvent satisfaire Berlin. Ce qu’il faut, c’est réduire à néant ce programme. Voici la vraie raison de l’attachement allemand au « programme actuel. » Il s’agit de montrer que l’élection du 25 janvier n’a absolument rien modifié. Qu’elle est neutre et n’a pas eu d’impact. Hier, dans le texte du refus allemand, on aura ainsi pu remarquer que Berlin posait deux conditions à son feu vert : que le gouvernement grec accepte le programme actuel en reprenant in extenso trois phrases dictée par le gouvernement fédéral et que ce gouvernement renonce aux « lois votées par le parlement cette semaine » concernant les mesures sociales et la hausse du salaire minimum.

    Accepter la culture de stabilité ou sortir.

    L’objectif principal qui semble conduire le comportement allemand est donc celui d’une réduction à néant du programme de Syriza. Ainsi, l’architecture de la zone euro ne sera plus jamais menacée. Le choix qui se dissimule derrière cette détermination est moins un déni de démocratie qu’une mise au pas de la zone euro. Le choix pour les électeurs est alors, soit de rester dans la zone euro en acceptant la « culture de stabilité allemande », soit d’en sortir pour mener d’autres expériences. C’est la raison pour laquelle le sort de la zone euro se joue ce vendredi.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150220trib1c1bb8175/grece-que-veut-l-allemagne.html

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  5. Jeudi 19 février 2015 :

    Aide à la Grèce : Berlin rejette la demande d’Athènes. « Ce n’est pas une solution substantielle. »

    Le ministère des Finances allemand a rejeté jeudi la demande déposée par la Grèce d’extension de l’aide de ses partenaires européens, estimant qu’elle ne représentait pas une solution substantielle et ne répondait pas aux critères fixés par la zone euro.

    « La lettre en provenance d’Athènes n’est pas une proposition substantielle de solution », a commenté Martin Jäger, porte-parole de Wolfgang Schäuble, ministre des Finances, dans un bref communiqué.

    « En vérité, elle vise à obtenir un financement-relais, sans remplir les exigences du programme. Le courrier ne remplit pas les critères définis lundi par l’eurogroupe », a-t-il poursuivi.

    Athènes s’est adressé aux ministres des Finances de la zone euro jeudi pour obtenir un prolongement de six mois du soutien financier de ses partenaires, et en prenant un certain nombre d’engagements.

    Le gouvernement grec refuse toutefois de se plier au memorandum qui est associé au programme d’aide, et prescrit au pays de rigoureuses mesures d’austérité.

    Dès mercredi, Berlin avait jugé qu’aides et réformes étaient indissociables, et insisté sur cinq conditions que devrait remplir la demande grecque pour satisfaire la zone euro.

    Parmi elles figurent l’engagement à ne pas détricoter les réformes déjà engagées, à ne pas mettre sur les rails de nouvelles qui pèseraient sur les finances publiques grecques, ou encore un engagement d’Athènes à rembourser tous ses créanciers. Les pays de l’union monétaire se sont entendus sur ces conditions lundi à Bruxelles.

    http://www.romandie.com/news/Aide-a-la-Grece-Berlin-rejette-la-demande-dAthenes-pas-une-solution-substantielle_RP/567535.rom

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  6. système de prix manipulés (à travers le taux de change et les tx d’interêts)
    droit de propriété reconnu
    rejet de l’approche Keynesienne dans les banques centrales
    Mr Gave vos analyses trés claires et didactiques deviennent plus en plus rueffienne .
    Irez vous jusqu’au “suicide de l’occident” et un nouveau système monétaire international ??

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    • Charles pro rueff?

      Je l’ai déjà entendu, peut être de vous mais c’est un contresens.

      Personne n’est jamais damné, pas plus l’occident qu’ailleurs. Quant à un système monétaire international, je ne vois pas pourquoi CG souhaiterait monter un niveau au dessus l’absurdité. A part Attali, peu de détracteurs de l’euro pensent “plus grand” à la t.sowell

  7. “Des taux négatifs brisent en fait la capacité des banques à effectuer leur travail d’intermédiation «temporel» entre les déposants et les emprunteurs et ne peuvent qu’amener à une baisse des prêts et donc de la rentabilité de la banque et de là, à un ralentissement durable de l’économie.”

    Besoin d’un eclaircissement ?
    Puisque les obligations d’etat ne rapporte plus rien au banques (elles y perdent de l’argent en fait…) pourquoi n’observent-on pas:
    1- baisse des achats d’obligations des banques
    2- redirection massive de leurs investissement (prets…) vers le secteur prive ?
    Je comprends que le taux va augmenter (puisque les banques ne beneficient plus de la “rente” des obligations d’etat). Mais, en meme temps, la quantite de prets offerts au secteur prive augmentant (les banques n’achetent plus d’obligation donc tous leurs investissement vont vers le prive), ne devrions-nous pas au final observer une augmentation de l’argent disponible pour le prive ?

    Merci !
    Gilles

    Répondre
    • Cher Monsieur,

      Tout simplement parce que depuis Bale 3, et consorts, quand une banque acheté une obligation d’état, elle n’est pas tenue de provisionner . En revanche quand elle prête à des privés,elle doit légalement tenir en réserve une partie ( 30% et plus) de la mise. En conséquence, prêter à des particuliers est presque plus chers.
      Les états se sont ainsi assurés de générer par une incentive légale des prêts providentiels.

  8. Mardi 17 février 2015 :

    Grèce : Tsipras annonce le vote par le Parlement de mesures sociales dès vendredi.

    Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé mardi le vote par le Parlement de mesures sociales en faveur des Grecs dès vendredi, date-butoir donnée par l’Eurogroupe à Athènes pour demander une extension de son programme d’aide.

    « Ces mesures vont conforter les salariés, les chômeurs, les petites et moyennes entreprise et vont relancer l’économie », a expliqué M. Tspiras.

    Figure parmi elles l’étalement en cent mensualités des remboursements de prêts bancaires pour les personnes les plus défavorisées.

    Les mesures sociales voulues par le gouvernement vont à l’encontre des préconisations du programme d’aide.

    « La Grèce n’accepte pas les conditions et les ultimatums, elle dit non », a lancé M. Tsipras, devant les parlementaires de son parti de gauche radicale Syriza.

    Il a également accusé le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble d’avoir perdu son sang-froid et de s’être adressé de manière humiliante à la Grèce lors des discussions entourant l’Eurogroupe de lundi à Bruxelles.

    http://www.romandie.com/news/Grece–Tsipras-annonce-le-vote-par-le-Parlement-de-mesures-sociales-des-vendredi/566770.rom

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  9. Merci pour cette brillante démonstration, une fois de plus.

    Cette question des prix qui ne remplissent plus leur rôle est critique et totalement incomprise du grand public. Nous sommes dans une situation d’économie dirigée par la pensée magique à l’échelle globale, où tout le monde surveille les chiffres officiels de la croissance comme le lait sur le feu sans parvenir à réaliser qu’il n’y a aucune alternative à l’appauvrissement graduel des populations tant que les politiques économiques actuelles seront en place.

    Tout cela donne du grain à moudre aux “anticapitalistes” officiels, qui ont beau jeu de pointer les incohérences du marché et tout l’espace nécessaire pour créer des tensions sociales supplémentaires. Et la pression augmente sur les pays où le droit de propriété est encore respecté. Les prix s’y envolent (regardez seulement le CPI à Hong Kong et Singapour) bien loin de la déflation annoncée, pendant que les accords internationaux, notamment sur la fiscalité, se multiplient pour aller saisir (j’ai du mal à trouver un autre mot) les ressources là où elles se trouvent.

    J’ai peine à discerner d’où un changement de direction dans la politique suivie par les banques centrales pourrait provenir, mais ça devient urgent…

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  10. Lundi 16 février 2015 :

    L’Eurogroupe s’achève par un « clash » avec Athènes.

    On s’attendait à un nouvel Eurogroupe interminable après celui de mercredi 11 février, qui s’était terminé par un fiasco, après tout de même sept heures de négociations… Lundi 16 février, ce nouveau rendez-vous, prétendument « de la dernière chance », entre ministres des finances de la zone euro pour résoudre le problème de la renégociation de la dette grecque avec le gouvernement Tsipras, de la gauche radicale, n’a duré que quatre heures, et s’est achevé par un « clash ».

    http://www.lemonde.fr/crise-de-l-euro/article/2015/02/16/l-eurogroupe-s-acheve-par-un-clash-avec-athenes_4577661_1656955.html

    Répondre
    • Drachmatique ?

  11. Un taux d’intérêt est formé de trois composantes :
    a celle qui anticipe l’inflation
    b celle qui couvre le risque de non rembursement
    c celle qui correspond à la dépréciation du futur

    dans le cas d’un Etat même noté AAA à moyen ou long terme aucun de ces termes ne peut être nul, des taux négatis sont un non sens. quand le risque n’est plus rémunéré aucune économie ne peut plus fonctionner.
    De plus si les taux restent durablement nuls ou négatifs, il ne sera plus possible de les remonter sans provoquer la faillite des détenteurs d’obligations et celle des Etats

    Répondre
  12. La politique des taux d’intérêt négatifs généralisée en Europe, accompagnée le plus souvent des programmes QE, est très utile aux États puisque non seulement elle leur permet d’emprunter à des taux ridiculement bas, mais aussi parce que les programmes QE procurent aux États un remboursement de leurs charges d’intérêt de l’année (avec des coupons bien plus élevés que les taux en vigueur) grace aux profits reversés de leur banque centrale nationale.

    Cet état de bonanza pour les États se fait, comme vous dites, sur le dos des épargnants privés et institutionnels à qui on veut faire croire cependant qu’ils ont toujours des intérêts réels positifs.

    Là où on comprend moins c’est l’impact sur les banques.
    En effet d’un côté, les états les aident, d’un autre côté avec les intérêts négatifs, ils les taxent puisque ce sont les banques qui payent les intérêts négatifs sur leurs réserves auprès de leurs banques centrales respectives et l’impact est fort puisqu’elles payent jusqu’à 0,75% au lieu d0encaisser les 5 ou 10 bp qu’elles percevaient sur les bons du Trésor à court terme!

    Considérées collectivement, les banques d’un même pays ou rattachées à une même banque centrale, ne peuvent pas échapper à cet impôt puisque les réserves centrales sont créées ou réduites par la banque centrale. Les réserves dont peut se débarrasser une banque, une autre les récupère. Le système est fermé.

    N’est-ce pas paradoxal à un moment où M. Draghi prone un renforcement du capital des banques de leur imposer cet impôt dont peu d’agents économiques semblent conscients? Et que les media se gardent bien de présenter de cette façon?

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  13. Les assurances peuvent-elles s’assurer contre leur faillite ?

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    • Un assureur ne fait pas faillite, solidarité entre assureurs. Cependant, si un assureur faisait faillite, ce serait tout le système socialo-crony capitaliste qui ferait faillite.

    • Si une série d’assurance venait à faire faillite, cela aurait-il autant d’impact que pour des banques ou le risque systémique est moins grand ?

    • Beaucoup plus que pour les banques. Tout s’arrête, plus aucune activité n’est possible. D’ailleurs je ne comprends pas que les terroristes escrologistes prônant la décroissance n’aient pas pensé à torpiller l’assurance et employer ce moyen radical ! Plus sérieusement,vous avez un exemple avec les subprime, une banque fait faillite, bof, malgré les dommages collatéraux ! mais un assureur, pas question.

    • C’est un cercle plus fermés et les assurances ne prêtent pas directement aux particuliers mais leurs investissements en revanche, pèsent beaucoup dans une économie.

    • OK merci bien.

    • Oui c’est le business de re assurance. Très juteux.

    • La réassurance c’est autre chose, c’est l’assureur des assureurs (la pulvérisation des risques). Des assureurs ont fait faillite, UAP, Gan… sans conséquences pour les assurés.

    • Se nourrissent-ils aussi d’obligations d’Etat ?

      Sont-ils solvables ?

  14. Le problème est que l’on nous vend une déflation qui n’a pas vraiment lieu dans les faits , les prix sont stables .On aurait une déflation de 2% et des obligs qui rapportent – 1% pourquoi pas , on s’enrichit .
    du coup l’argent se dirige vers les actions qui elles pourtant aussi achètent le futur : si la croissance future est de 2 à 3% chaque année comme c’était le cas dans les année 80 à 2000 on s’en sort bien à la fin fin les actions montent mais si c’est comme au Japon ou en Italie , Grèce , France où la croissance annuelle par habitant est nulle voire négative les marchés n’ont pas à monter .Une bulle boursière peut être justifiée dans un environnement dynamique où des taux de croissance de 2 à 3% l’an font qu’au bout de 10 à 15 ans on s’y retrouvera mais là on sait qu’il n’y a plus de croissance et qu’il n’y en aura plus à l’avenir (euro , vieillissement de la population, dettes …) .
    André Kostolany dans son livre “l’aventure de l’argent ” expliquait très bien ce jeu des vases communicants entre actions et obligations .
    Il est vrai qu’en mettant des taux obligataires négatifs vous pouvez très bien vous endettez à 1000% et même pas mal puisqu’il s’agit de rembourser les î de la dette uniquement et en plus l’Etat s’enrichit . Mais il n’ y a pas de repas gratuit en bout de chaîne c’est l’épargnant qui se fait spolier .
    Et la prochaine crise qu’est-ce qui se passera ? Il faudra des taux réels négatifs de 2% et les gens se verront donc de fait voler leur épargne .

    Répondre
  15. “la seule solution pour la banque sera de monter massivement les taux d’intérêts sur les préteurs à risque ”

    Je suppose qu’il s’agit d’une coquille et que vous souhaitiez indiquer “emprunteurs a risque”?
    Mais ne serait-ce pas une bonne chose que d’avoir enfin quelque part des taux d’interet qui refletent effectivement le risque? Il me semble qu’aujourd’hui, les banques, lorsqu’elles pretent, le font a des taux dementiellement bas en raison de leurs modeles mathematiques… On vient de me proposer 1.50% fixe a dix ans : j’ai peut-etre une signature seduisante par rapport au gouvernement francais mais je ne vois pas comment une banque peut gagner des sous a ce prix-la!

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    • Merci pour la coquille en revanche, je crois que vous devriez relire l’article en prenant en compte l’ironie du propos . 🙂 oui ce serait une bonne chose que les prix soient vrais comme il doit être entendu dans l’article que le modèle keynésien communiste fut un franc succès .

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