FavoriteLoadingAjouter aux favorisAprès une année 2018 où toutes les classes d’actif ont baissé, sauf le cash, la nouvelle année a mieux débuté. Les marchés boursiers ont débuté l’année en force. Cela s’est produit malgré des avertissements sur les bénéfices d’un certain nombre de sociétés de premier ordre (Apple, Samsung, Nvidia, Ford, Caterpillar, Whirlpool, Société Générale, Intel, ABB-Vie, American Airlines…)

L’explication de cette hausse a deux raisons: 1/ Une augmentation de la quantité du stimulus chinois, 2/ Un changement apparent de rhétorique de la Fed.

 

La clé de tout changement dans l’univers de l’investissementau cours des prochains mois tourne autour de deux variables. Soit les banques centrales continuent d’accompagner et monétiser la croissance des dépenses de l’État, ce qui permettra aux prix des actifs d’augmenter. Soit les banques centrales continueront de rester les bras croisés et les actifs financiers risqueront d’être «évincés» comme ils l’ont été en 2018.

 

La décision de MSCI sur la Chine sera déterminante

 

En Chine, les investisseurs pourraient être un peu trop enthousiastesface au soulagement que Beijing peut apporter au reste du monde. Après tout, la répression exercée par Pékin sur le financement parallèle au cours des deux dernières années a entraîné une contraction brutale des liquidités, qui a entraîné une augmentation des défaillances des obligations et une crise des marchés boursiers. En l’absence d’un engagement plus clair en faveur du crédit, le sentiment demeurera probablement modéré.

 

La Chine et les États-Unis détiennent toujours les clés du comportement des marchés.  Le pessimisme à l’égard de la Chine est quelque peu exagéré. Bien sûr, la répression exercée sur le système bancaire parallèle a eu pour effet de resserrer les conditions de crédit alors même que les taux d’intérêt avaient baissé. Parallèlement, la confiance des entreprises et des consommateurs a également pesé sur la confiance des investisseurs, ce qui a été la grande histoire des deux dernières années. Aux États-Unis, le président Trump a probablement été décontenancé par la piètre performance du marché boursier au quatrième trimestre. Cela pourrait rendre un accord commercial plus probable.

 

Peut-être plus important encore, le marché immobilier chinoisreste dans une forme décente. Pékin tente d’accélérer les dépenses d’infrastructures subies lors de la répression du système bancaire parallèle. Si les négociations commerciales échouent et que des droits de douane supplémentaires sont imposés, le renminbi pourrait faire un autre pas, mais Beijing interviendrait probablement de manière plus agressive pour stabiliser la croissance. Dans cette optique, les obligations en RMB se sont révélées être une bonne couverture l’année dernière et continueront probablement de bien se comporter cette année encore.

 

Un événement clé pour la Chine aura lieu le 28 février: MSCI annoncera s’il augmentera le facteur d’inclusion des actions A dans son indice des marchés émergents de 5% à 20% cette année. Il faudrasurveiller la politique macro-économique, les défaillances des obligations afin de ne pas accorder trop de crédit aux prévisions concernant la guerre commerciale jusqu’à la conclusion d’un accord.

 

Aux Etats Unis, il faut surveiller le marché de la dette

 

La croissance du PIB américain est en train de se redresserselon les données récentes, mais tout repli n’impliquerait pas forcément une récession.Le secteur du logement devrait se stabiliser en 2019, tandis que la croissance de l’investissement des entreprises devrait rester positive. Les obligations à long terme ne rapportant plus guère, les actions continuent d’offrir la meilleure proposition de risque / rendement.

 

Les mesures d’accessibilité des logements aux États-Unisse sont nettement améliorées. C’est un facteur d’ajustement important dans l’équation globale de l’offre et de la demande pour l’immobilier américain. L’amélioration s’est produite à trois niveaux :

– Le marché du travail américain reste tendu,

– L’accessibilité du logement a été favorisée par le déclin du prix médian des logements neufs au cours de la dernière année.

– Le marché immobilier américain ne fait pas face à une offre excédentaire

 

Les actions de constructeurs de maisons aux États-Unispourraient suivre une trajectoire similaire à celle de 2016. On a généralement un délai compris entre un et six mois, entre une baisse des taux hypothécaires et une accessibilité accrue, et à partir de là, à l’activité du marché en général.

 

La croissance rapide de la dette d’entreprises américaineau cours de la dernière décennie a été de mauvaise qualité. C’est l’une des principales préoccupations du marché boursier américain.

 

Pour l’Euro ce sera une année difficile

 

L’expérience du Brexit montrera au reste de l’Europe, qu’il n’y a pas de sortie légale ou pacifique de l’Union Européenne.  Depuis le vote sur le Brexit, l’élite britannique a cherché à contrecarrer la volonté du peuple britannique. Cette situation va augmenter considérablement le risque politique dans la zone euro. Par exemple, s’il y a une grave récession cette année dans la zone euro, l’Italie pourrait décider unilatéralement de quitter l’euro (et donc de l’UE) en réintroduisant la Lire, éventuellement sur un week-end. Cela ne nécessiterait aucune négociation. Après tout, la réunification allemande a changé la nature du projet européen du jour au lendemain.  Un tel changement pourrait se reproduire

 

Dans ce contexte incertain, les actions européennes ont baissé. Dans le passé, les fortes baisses des actions de la zone euro ont été suivies de rebonds vigoureux. Cette fois, il est difficile d’identifier quel pourrait être le moteur d’un rebond potentiel. Les facteurs externes restent très incertains. Ce contexte devrait inciter les investisseurs à rester défensifs. Les facteurs positifs pour l’économie ou les actions pourraient être les suivants :

Un accord favorable sur le Brexit, mais dans ce cas, il vaut probablement mieux le jouer avec une exposition aux actions britanniques et à la Livre.

Une amélioration des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Dans cette hypothèse on peut s’exposer à Apple, à des valeurs de semi-conducteurs et à des sociétés de technologie chinoises.

Une stabilisation ou une accélération de la croissance chinoiseque l’on peut jouer par une exposition aux marchés émergents.

 

Pour l’euro, ce sera une année très difficile. Au-delà des incertitudes liées au Brexit et à l’Italie, les prochaines élections européennes pourraient susciter de sérieuses incertitudes car la montée probable des partis nationalistes et populistes rendra très difficile de décider qui devra siéger à la prochaine Commission Européenne.

 

En France, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles.En dépit des grèves et du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement français n’a pas annulé les principales réformes entreprises au cours des 18 derniers mois. Une série de mesures qui visent à «rendre le travail rémunérateur» sont maintenues. Néanmoins, le climat politique actuel rendra plus difficile la mise en œuvre de nouvelles réformes. La réalité en France c’est que pour le moment il n’y a pas d’alternative. Emmanuel Macron dispose d’une large majorité parlementaire et ne fait face à aucune opposition crédible.  Son programme de réformes continue de bénéficier d’un soutien et les sondages montrent que de nouvelles élections produiraient probablement les mêmes résultats…

 

Au Japon, le Yen devrait rester soutenu

 

Le yen a été un point de relative stabilitéau cours des deux dernières années et le restera probablement. En effet, l’activité économique japonaise repose aujourd’hui sur des dépenses en capital robustes, alors même que la croissance japonaise dépasse actuellement son potentiel. Ainsi, avec la croissance mondiale ralentie et les experts avertissant de plus en plus du risque de récession aux États-Unis et en Europe, les institutions japonaises vont probablement privilégier les actifs en yen par rapport aux placements en devises. En conséquence, le yen devrait rester bien soutenu au cours des mois à venir.

 

Les actions et obligations des marchés émergents devraient bien se comporter

 

Un prix du pétrole bas est habituellement une bonne nouvellepour tous les marchés émergents qui sont importateurs d’énergie. Aujourd’hui, il faut aussi prendre en compte le dollar US, l’obligation du Trésor US à 10 ans, le spread sur les obligations corporate US. Cet environnement devrait être suffisant pour garantir une solide surperformance des actions et des obligations des marchés émergents en 2019. En fait, un USD plus faible, une Fed accomodante et un pétrole faible ont historiquement contribué à déclencher le “scénario du triple mérite” sur les marchés émergents consommateurs de matières premières.

 

Néanmoins, comme toujours, le risque sur les marchés émergents pourrait être politique. Sur ce front, avec la nouvelle année, deux marchés émergents importants voient les présidents populistes faire leurs premiers pas. Au Brésil,les investisseurs nationaux s’attendent de plus en plus à ce que Jair Bolsonaro soit en mesure de réformer le système de retraite onéreux du pays et de placer ainsi le Brésil sur une voie plus prometteuse. Au Mexique,les investisseurs craignent qu’Andrés Manuel López Obrador, entraîne le Mexique sur une voie socialiste bien moins prometteuse. En conséquence, la dynamique actuelle du marché favorise le Brésil par rapport au Mexique. Cependant, Bolsonaro a donné peu de raisons de croire qu’il pourrait s’attaquer à une réforme fiscale. Pendant ce temps, le peso mexicain est beaucoup plus attrayant que le real brésilien. Pour les investisseurs ayant un appétit pour le risque plus fort, associer une position longue sur des obligations en monnaie locale mexicaines à un titre à découvert sur le Brésil est un moyen raisonnable de réduire les transactions surpeuplées des marchés émergents.

 

 

Auteur: Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Bordeaux, titulaire d’une licence en droit de l’Université de Paris X. Il a été successivement fondé de pouvoir à la charge Sellier, puis associé chez Nivard Flornoy, Agent de Change. En 1987, il est nommé Executive Director chez Shearson Lehman Brothers à Londres en charge des marchés européens et membre du directoire de Banque Shearson Lehman Brothers à Paris. Après avoir été directeur général associé du Groupe Revenu Français, et membre du directoire de Aerospace Media Publishing à Genève, il a créé en 1996 Concerto et Associés, société de conseil dans les domaines de le bourse et d’internet, puis SelectBourse, broker en ligne, dont il a assuré la présidence jusqu’à l’ absorption du CCF par le Groupe HSBC. Il a été ensuite Head of Strategy de la société de gestion Montpensier Finance.

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3 Commentaires

  1. Bonjour Monsieur; je suis inscrit depuis 2 mois à IDL et je suis vos articles; je voudrais placer un peu dans les devises .J’aimerais savoir sur lesquelles miser
    dans le contexte actuel sachant que je viens de perdre -10, -15% sur les fonds Asie
    en 2018 mais peut-être que cela va remonter. Qui n’a pas vendu n’a pas encore perdu…
    Merci à l’avance de votre réponse.

    Répondre
  2. En Italie, Paolo Savona , le seul ministre qui avait la volonté politique et la carrure intellectuelle pour obtenir de l’ Allemagne, une réforme des institutions européennes , vient de démissionner du gouvernement . Cela indique que l ‘Italie ne sortira pas de l’UE ( art.50) .
    Salvini l’homme fort du gouvernement , est un élu du Nord de l’ iItalie, son parti est la Lega Nord . Il ne se suicidera pas avec la sortie de l’UE , son parti le refusera, sa base electorale aussi .
    Quand au Mouvement 5 stelle, ce sont des clowns, ils amusent / l’irritent ( selon votre bord ) l’opinion publique avec des pseudo-controverses , faire le TGV Turin-Lyon ou pas – faire des forages petroliers-ou pas – etc…
    Donc pas de souci italien , a mon humble avis .

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    • L’Italie du Nord a beaucoup perdu avec l’Euro qui est une monnaie trop chère, surévaluée pour eux. Leur tissu industriel a beaucoup souffert depuis l’adoption de l’Euro. Les gens préfèrent acheter une Audi à une Fiat sauf si le prix est très compétitif du fait d’une Lyre basse… Il suffit de l’expliquer aux italiens du Nord… Ils comprendront rapidement quel est leur intérêt… surtout si ils remboursent leur prêt en Lyre…

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