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Hier soir, l’Institut  des Libertés a eu le plaisir de recevoir avec le PLD, les deux auteurs de « la France Adolescente » Mathieu Laine et Patrice Huerre qui nous ont exposé avec infiniment de convictions, les fondements de la métaphore filée tout au long de leur ouvrage collectif.

Oui, la France est une adolescente rebelle, qui refuse de sortir de sa chambre, renâcle à tout changement et s’effarouche à la moindre contrariété. Ceci pour le constat sous forme d’état des lieux. Soit. Mais alors comment faire avancer cet ado recalcitrant? Hurler à pleins poumons? et quid de la création de richesse  d’aujourd’hui et de demain par cet ado mal luné. Et comment alors ne pas  s’empecher de revenir sur deux grands économistes qui ont le mieux analysé ce processus de création de la richesse, je veux parler de Ricardo et de Schumpeter (évoqué par Mathieu Laine lors de la conférence d’hier, bien evidemment)

  • Pour Ricardo, la création de valeur est la conséquence d’une meilleure utilisation des trois facteurs de production que sont le capital, le travail et la terre à l’échelle d’un pays ou du monde. La croissance Chinoise des 20 dernières années est une croissance purement Ricardienne.
  • Pour Schumpeter par contre, la création de valeur est la conséquence d’une invention de rupture qui change les règles du jeu (cf.Internet) et permet à sa  “création destructrice “d’avoir lieu.

La croissance Ricardienne est finie par nature. Une fois que les routes ou les ponts ou les logements ont été bâtis, elle s’arrête. Bien souvent de plus elle se heurte à ce que l’on pourrait appeler la « contrainte Malthusienne », les matières premières venant à manquer.

La croissance Schumpetérienne ne dépendant que de la capacité de l’esprit humain à inventer est infinie et ne dépend donc pas des matières premières.En fait, les inventions ont en général lieu pour briser la contrainte Malthusienne (pétrole remplaçant le charbon etc..)

Pour des raisons qui m’échappent, ces « vagues de création de valeur » ont une durée décennale (Juglar ?)

  • De 1950 à 1960, nous avons eu une croissance Ricardienne, reconstruction de l’Europe et du Japon, commerce international, communauté européenne
  • De 1960 à 1970, une grande vague Schumpetérienne , pharmacie, IBM, Control Data, Hewlett-Packard, débarquement sur la lune…
  • De 1970 à 1980, une horrible décennie Malthusienne et inflationniste, avec or, argent, pétrole montant sans relâche et j’en passe.
  • De 1980 a 1990, à nouveau, une grande période Ricardienne : acte unique Européen, réunification Allemande, émergence des tigres asiatiques.
  • De 1990 à 2000, LA grande période Schumpetérienne par  excellence se terminant par la bulle internet.
  • De 2000 à aujourd’hui, une croissance Ricardienne en Asie centrée sur la Chine, avec de forts relents de contrainte Malthusienne (pétrole etc.)

 

La France semble avoir plutôt bien vécu les périodes Ricardiennes.

D’ou ma question:la tendance étant désormais à un monde schumpeteriens, n’y a t’-il pas là aussi, un point de friction avec « l’adolescent » ? Je crois que le noeud gordien est là: l’adolescent veut peut être aller vivre chez papa Ricardo! Alors,on se réserve une grue sur laquelle monter, pour le prochain meeting, histoire de parler croissance ?

 

 

 

Auteur: idlibertes

Profession de foi de IdL: *Je suis libéral, c'est à dire partisan de la liberté individuelle comme valeur fondamentale. *Je ne crois pas que libéralisme soit une une théorie économique mais plutôt une théorie de comment appliquer le Droit au capitalisme pour que ce dernier fonctionne à la satisfaction générale. *Le libéralisme est une théorie philosophique appliquée au Droit, et pas à l'Economie qui vient très loin derrière dans les préoccupations de Constant, Tocqueville , Bastiat, Raymond Aron, Jean-François Revel et bien d'autres; *Le but suprême pour les libéraux que nous incarnons étant que le Droit empêche les gros de faire du mal aux petits,les petits de massacrer les gros mais surtout, l'Etat d'enquiquiner tout le monde.

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10 Commentaires

  1. Effectivement, la remarque de la physicienne théorique est pertinente, il faut à ce propos préciser que l’avancée des appareils basés sur ce principe de “fusion froide” ou plus précisément “LENR” est justement la mise en œuvre de “catalyseur” déplaçant les probabilités. Sur ce point, allez sur la toile, site “anglo-saxon” de préférence (notre presse est à la 37ème position en terme de liberté) en tapant LENR. Vous découvrirez l’état d’avancement mais aussi comment la NASA s’implique, comment TOYOTA/MITSUBISCHI s’allient, mais aussi l’intérêt de SIEMENS, INTEL et bien d’autres ainsi que des articles de congrès scientifiques et résultats d’expériences actés.
    Enfin, pourquoi certains voudraient que cela résolvent tous nos problèmes, l’odyssée de l’espèce c’est bien plutôt de les affronter dans la liberté de découvrir et d’entreprendre, en évitant la route de la servitude décrite par Hayek. Il faut aussi laisser du grain à moudre aux futures générations, Darwin et Schumpeter se rejoignent.

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  2. JP N’oublez pas la “serendipité” (j’ai appris aujourd’hui la signification de ce mot) …trouver par hasard ce qu’on ne cherchait pas !

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    • moi je l’ai donc cherché après vous avoir lu et donc trouvé.
      Mais cela n’enlève rien à mon propos on ne peut trouver que ce qui existe, or au lieu de parler d’invention (création par la force de l’esprit, cf Le Littré) en matière de technologie il faudrait parler plutôt de découverte : toutes nouvelles technologies est totalement dépendante des propriétés de la matière, et c’est faire preuve, il me semble, d’un optimisme exacerbé que de croire que ces éventuelles découvertes pourront toujours résoudre nos problèmes.

    • Et le LASER? C’est une pure invention et non pas une découverte

    • Fut voté le mot de l’année de 2010. Mot rigolo, c’est vrai

  3. Bonjour JP, je ne me lancerai pas dans une grande démonstration pour vous décrire que si l’esprit humain à des limites au travers de ce que nous offre la nature, il faut aussi prendre en compte notre connaissance superficielle des propriétés de dame nature. Ainsi, regardez du coté de la fusion froide les ressources inépuisables d’énergie qui font jour alors que nous ne connaissons pas encore toute la physique du phénomène http://fusion-froide.com/. C’est bien la propriété de l’avenir que d’être imprévisible, de là se séparent les optimistes et les malthusiens.
    Bien à vous

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    • je ne suis pas un spécialiste mais je vais essayer de me renseigner sur ce phénomène, mais on a déjà tellement entendu de personnes annonçant la solution miracle et on attend toujours.
      une petite remarque en passant, une source d’énergie très efficace capable de dispenser une grande quantité d’énergie, fera aussi une excellente … bombe. Une explosion n’est que la décharge extrêmement brève d’une grande quantité d’énergie.
      et je vous paraphrase de là se séparent les rêveurs et les réalistes.
      ou encore pour s’amuser, un pessimiste est un optimiste qui a regardé la réalité en face

    • j’ai demandé à ma femme (elle est docteur en physique théorique), voilà sa réponse : le phénomène est théoriquement possible mais la probabilité d’une réaction est trop faible pour que cela puisse être utiliser pour produire de l’énergie de façon industrielle

  4. “Le pétrole remplaçant le charbon” attention le pétrole a permis l’ouverture de nouveau horizon mais n’a pas remplacé le charbon qui reste la première source d’énergie dans le monde, nous sommes toujours dépendant du charbon, l’Allemagne remplace le nucléaire par le charbon.

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  5. “la capacité de l’esprit humain à inventer est infinie” justement non, les inventions (en matière de technologie) sont aussi dépendante de l’existence dans la nature de certains éléments et de leurs propriétés (le moteur à explosion n’a pu exister que parce qu’il existait sur notre planète une substance (le pétrole) qui avait certaines propriétés “explosives”).
    Or les éléments disponibles ainsi que leurs propriétés ne sont pas infinies. On connait quasiment tous les éléments (voir tableau périodique des éléments) et même si certaines de leur caractéristiques qui pourraient être utiles restent à découvrir, on ne pourra pas inventer infiniment.
    Quelques exemples : le développement de l’informatique et d’internet est totalement dépendant des capacités du matériel (processeur, miniaturisation, fibre optique) qui nécessite l’emploi de certain éléments comme par exemple les terres rares.
    De même ajoutons que ces matériels ne fonctionnent que grâce à l’apport d’énergie, on retrouve encore la dépendance au pétrole, gaz et charbon, ce dernier étant la première source d’électricité.
    Et si vous espérez remédier au problème énergétique par l’utilisation des énergies renouvelables, sachez que celles-ci nécessitent l’emploi d’éléments aussi en quantité finie. Une éolienne de 3 MW nécessite plusieurs centaines de kg de terres rares, des cellules photovoltaïques avec un rendement significatif nécessitent de l’indium, les batteries du lithium, etc…
    Toutes ces matières étant en quantité finie et pas forcément recyclable à l’infini.

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