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Jean-Jacques Netter

Certains auteurs musulmans devraient être mieux mis en avant dans le débat public

Tous ceux qui ne sont pas musulmans sont immédiatement considérés comme islamophobes et racistes quand il se livrent au moindre commentaire négatif sur l’islam. Parallèlement, on qualifie de courageux tous les musulmans qui se permettent de faire des commentaires critiques sur l’islam. Nous nous sommes donc livrés à un simple recensement de livres écrits par des musulmans. Voilà le résultat…

 

L’islamisme est le totalitarisme de notre siècle

 

L’islamisme serait le totalitarisme de notre siècle selon Abdel Abdel-Samad. L’auteur est un égyptien naturalisé allemand qui dans son livre « Le fascisme islamique » se livre à une dénonciation virulente de l’islamisme. Beaucoup de musulmans sont, selon lui, contre l’Etat Islamique, mais ils ne s’opposent pas à l’idée du Califat et de la Charia. Un essai qui dénonce les aspects despotiques de l’islam. Tant que le législateur sera Dieu et pas l’homme, la question de l’islamisme modéré sera caduque. L’islam est né et demeurera politique écrit-il.

 

La pensée islamique a progressivement imposé une unique vérité. Les ouvrages de  Mohamed Arkoun, notamment  « Histoire de l’Islam et des musulmans en France du Moyen âge à nos jours », sont interdits dans plusieurs pays arabes…Décédé en 2010, il était le  pionnier d’une relecture de l’Islam. Il est considéré comme l’un des plus brillants intellectuels arabes de sa génération.

 

L’islam est dénaturé et détourné par l’islamisme et le jihadisme. Telle est la pensée de Nabil Mouline dans « Le califat, histoire politique de l’Islam ». La puissance symbolique de l’islam est utilisée pour attirer et mobiliser de nouveaux adhérents. Le califat prétend incarner une autorité qui n’a jamais existé. On promeut ainsi une histoire de l’islam linéaire sans accrocs. Pour Fatiha Agag-Boudjhalat dans « Le grand détournement », l’idéologie identitaire indigéniste et l’islamisme sapent notre modèle républicain, car Indigénistes et identitaires sont en permanence dans la racialisation de l’identité et des rapports sociaux.

 

La montée de l’islamisme est irrésistible. C’est ce qu’explique Boualem Sansal dans « Gouverner au nom d’Allah. Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe ». Pour l’auteur à succès algérien, les dignitaires du FLN et du gouvernement de Abdelaziz Bouteflika  verraient bien la scène d’une délégation de ministres et de parlementaires français débarquant à Alger en sabots et chemises de nuit, enchaînés l’un à l’autre par les pieds et allant, sous les huées de la foule, au palais du Raïs lui remettre leur déclaration annuelle de repentance…

 

La burka est le linceul vivant des femmes

 

La femme apparaît comme la nervure centrale du refoulement propre à l’islam. Pour Fethi Benslama dans « La psychanalyse à l’épreuve de l’islam », il s’agit de mettre à jour

les refoulements constitutif de la religion islamique. Il existe selon lui, une véritable “censure du sujet de la tradition” qui prend la forme d’une perversion de masse. Dans ce qu’il diagnostique comme un dérèglement profond de la relation entre le réel et les formes symboliques, il s’interroge notamment sur la portée de l’affirmation coranique selon laquelle Dieu n’est pas le père. L’absence de pensée de la virilité en Islam est selon lui aujourd’hui un enjeu majeur, non seulement social mais surtout politique. D’Alger à Kaboul, en passant par les banlieues françaises, il n’est plus possible d’ignorer l’enjeu politique du rapport entre les sexes. La question est évidemment plus large que celle du statut de la femme comme mère et comme maîtresse. Il invite donc à reconsidérer la crise du monde musulman, et la montée de l’islamisme, en affrontant “la dimension sexuelle de sa maladie politique ».

 

La burka est un linceul vivant pour les femmes. Dans un recueil de 180 textes parus dans le Quotidien d’Oran, « Mes indépendances. Chroniques 2010-2016 », Kamel Daoud» montre bien que dans le monde d’Allah, la femme est  niée, refusée, voilée, enfermée ou possédée”. Il ajoute que “vous êtes donc islamophobe si vous êtes contre l’invention horrible de la burka comme linceul vivant”. Dans ses livres et dans ses chroniques, au fil des jours, l’auteur  charcute partout où ça fait mal…Mona Eltahawy montre également dans « Foulards et hymens. Pourquoi le Moyen Orient doit faire sa révolution sexuelle » que l’islam est contre les femmes. Sortir dans l’espace public est un combat permanent car une femme est toujours coupable de susciter le désir…

 

La barbarie du fascisme  islamismique

 

Face au djihâdisme meurtrier, certaines consciences du monde musulman se sont indignées “pas en mon nom”, ont-elles crié pour refuser la confusion entre la barbarie de cet islamisme et la civilisation de l’Islam.  Abdenour Bidar en fait partie. Dans « Lettre ouverte au monde musulman » il pense que l’indignation n’est pas suffisante.  Il faut aussi selon lui que le monde musulman se remette en question.  Qu’il se demande pourquoi le monstre terroriste a choisi de lui voler son visage plutôt qu’un autre… Il faut susciter une émergence dans l’islam d’une volonté de liberté de l’individu vis-à-vis des dogmes et des coutumes de la tradition religieuse. Dans un autre livre « L’islam sans soumission. Pour un existensialisme musulman » Abdennour Bidar essaie de définir les conditions de possibilité de cette liberté spirituelle pour qu’elle soit éclairée par la réflexion, l’intuition et la méditation, ainsi que par une éthique de la responsabilité, vis-à-vis de soi et d’autrui…

 

Vaincre le terrorisme ne suffira pas à anéantir l’islamisme. Pour Boualem Sansal dans « L’impossible paix en méditerranée », celui-ci progresse partout dans les pays musulmans mais aussi en Europe. Les islamistes sont convaincus que l’épisode de l’Europe tire à sa fin. Elle est arrivée au bout de sa résistance…

 

Il y a bien un lien entre fascisme et islamisme. Zineb El Rhazoui l’ex journaliste de Charlie Hebdo dans son livre « Détruire le fascisme islamique » montre que l’islam n’est pas une religion de paix et d’amour. Les islamistes ont réussi à poser en France la première pierre d’un joug totalitaire qu’ils ont construit ailleurs par la coercition et la terreur. Le combat islamiste pour normaliser le port de l’uniforme salafiste est d’ailleurs une technique de marquage qui permet d’identifier les non-adhérents à l’idéologie islamiste…

 

Réparer le grand tissu déchiré du monde humain

 

Nous sommes tous des tisserands  nous explique Abdenour Bidar dans « Les Tisserands. Réparer ensemble le tissu déchiré du monde », C’est avec tous ceux qui œuvrent aujourd’hui à réparer telle ou telle pièce du grand tissu déchiré du monde humain : fractures sociales, conflits religieux, guerres économiques, divorce entre l’homme et la nature… Après le succès de « Lettre ouverte au monde musulman » Abdennour Bidar a décidé de mettre à l’honneur et de « relier tous ces relieurs » qui réparent et construisent le monde de demain…

 

Mettre en avant tous ces auteurs permettrait d’éviter de faire la promotion de nombreux livres qui appellent à la haine. Celui de Houria  Bouteldja « Les blancs, les juifs et nous » en fait partie . Le président du Parti des Indigènes de la République pense que  “La France a été un état colonial et reste un état colonial”. Nous serions dans un  postcolonialisme où les personnes originaires des pays anciennement colonisés (les dominés) continueraient à être opprimés en particulier les musulmans qui seraient les cibles d’un « Etat raciste et islamophobe”. Cela débouche sur un combat sémantique autour des « mâles blancs »,  des « réunions en non mixité racisée” et des « camps d’été décoloniaux”. Tout cet antiracisme dévoyé nourrit un racisme qui ne dit pas son nom. On ne peut que regretter que le Président de la république ait utilisé l’expression de « mâle blanc » dans une de ses récentes interventions…