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« La main invisible du marché » est le reproche constant adressé aux libéraux pour dénigrer cette philosophie du droit. Ce qui amène à s’interroger sur ce qu’est véritablement un marché, dont les incidences économiques comme géopolitique sont fortes. Attaquons d’abord une idée reçue : Adam Smith n’a jamais utilisé l’expression « main invisible du marché ». Il parle, dans son œuvre, de la main invisible de Dieu, qui ordonne les sociétés, mais sans faire de lien avec le marché. L’expression a été créée a posterioriet fait florès depuis.

 

Ni l’État ni le marché n’existent

 

Le marché est attaqué de toute part, car pourvu de tous les maux : créateur d’inégalité, d’injustice, de pauvreté, etc. Il faudrait donc forcément réguler le marché, grâce à une intervention extérieure (l’État) qui serait nécessairement bonne. Ainsi, à un marché producteur de mal s’oppose l’État, par essence vecteur de bien. Demeure ancrée dans l’idée collective que si l’État fait quelque chose, il le fait nécessairement bien. L’État, par essence, est tourné vers le bien commun, vers l’intérêt général, vers l’amélioration de la société. L’État stratège est bon quand le marché libre est mauvais. Au regard de l’histoire économique, rien ne permet d’étayer une telle thèse. Aucune des entreprises gérées par l’État ou par une administration n’a jamais réussi. Aucune invention, aucun progrès technique, ne fut le fait de l’État ou de l’administration. Croire en la bonté innée et naturelle de l’État est un mythe. Tout comme croire en l’existence du marché. En réalité, ni l’État ni le marché n’existent. Ce sont au mieux des fictions juridiques, au pire des mythes oniriques.

 

Les adversaires des libertés cèdent bien souvent au panthéisme social. Ils parlent de l’État, des riches, des pauvres, du peuple, du marché, toutes choses qui n’existent pas. Ce qui existe, ce sont des personnes. Certaines de ces personnes travaillent dans des administrations, et cela contribue à créer une entité qui a une valeur juridique au niveau international et que l’on appelle l’État. D’autres personnes s’insèrent dans une organisation humaine de marché. Ces personnes ont des revenus différents et, selon les classements effectués, on va en déduire que certaines sont riches et d’autres pauvres. Ces personnes forment des groupes sociaux et culturels variés et hétérogènes, que l’on regroupe souvent sous le vocable unique de « peuple », alors que l’unicité n’est pas de mise. Le panthéisme social du socialisme fonctionne par synecdoque ; ses penseurs ayant tendance à projeter sur les groupes ainsi définis leurs propres pensées.

 

Il en va ainsi du marché, qui n’est ni invisible ni omniscient. Le marché n’existe pas. Ce qui existe, ce sont des personnes, qui font des échanges, qui développent des activités bénévoles ou lucratives et qui interagissent entre elles. Pour ordonner ces personnes et pour régler les conflits qui ne manquent pas de surgir, il est nécessaire de créer des règles et de nommer des arbitres chargées de les faire respecter. D’où la naissance du droit. C’est là le clivage principal qui existe entre les socialistes et les libéraux. Les premiers croient dans le panthéisme social et nient l’existence des personnes ; les seconds au contraire affirment la primauté de la personne et comprennent l’importance d’établir une société de droit, garante du bon fonctionnement du marché.

 

 

Les marchés urbains

 

Les marchés urbains sont de bons exemples de ce qu’est véritablement un marché. Ils sont organisés dans un lieu restreint, souvent central, pour faciliter la venue des acheteurs. Ils contribuent donc à façonner l’organisation spatiale des villes. Loin d’être uniformes, ils s’expriment dans la diversité. On y trouve des marchands de fruits, de viandes, de pain, des vendeurs d’outils, de vêtements, etc. Le marché permet l’épanouissement des qualités de chacun : les commerçants sont libres de vendre tels ou tels produits et ils le font en fonction de leurs appétences et de leurs goûts. Le marché est donc le reflet de la variété et de la diversité des personnes humaines. Loin de produire de l’uniformisation, il favorise au contraire l’éclosion de tous les talents et de toutes les expressions humaines.

 

Si le droit garantit le bon fonctionnement du marché, c’est sur la confiance qu’il repose. Un primeur pourra bien vendre une fois des fruits gâtés, l’information se propageant à partir des clients floués, il ne pourra pas voler une seconde fois ses clients ; l’image de marque étant beaucoup plus difficile à construire qu’à détruire. En permettant la concurrence et la compétition, le marché encourage le plein développement des personnes. Du fait de la concurrence et de la responsabilité, il tire les hommes vers le haut et donc contribue au développement des sociétés. Ce n’est pas un hasard si les régions les plus riches et les plus développées sont celles qui possèdent des marchés de grande valeur. Dans l’histoire, on retrouve les foires de Champagne, qui ont contribué au développement économique, matériel et culturel de Troyes et de Châlons-en-Champagne. Si Paris est devenue puis restée la capitale de la France, c’est entre autres grâce à la présence de lieux de marchés de premier plan : la foire du Lendit à Saint-Denis, le quartier des halles, Rungis aujourd’hui.

 

Le marché favorise la diversité

 

Le marché contribue ainsi à la mise en place de ce double phénomène, apparemment contradictoire, mais en réalité lié : l’ouverture vers des horizons de plus en plus larges et l’approfondissement des cultures locales. Plus un marché est important, plus il a des ramifications vers des zones géographiques éloignées. Les foires de Champagne étaient ainsi en contact avec la Lombardie et la région de Sienne, avec les Flandres et l’Angleterre, et même l’Orient avec les marchands de Gênes. Rungis est aujourd’hui en contact avec le monde entier, recevant des produits aussi bien d’Afrique que d’Amérique latine. Cette ouverture au monde n’éteint pas les terroirs locaux, au contraire. Ce qui fait la richesse des terroirs d’Île-de-France, c’est la présence du marché parisien. Pour satisfaire un marché de qualité, possédant l’avoir et le savoir, les producteurs ont dû et ont pu se surpasser dans la réalisation de leurs produits. D’où les vins de Champagne et du Val de Loire, les céréales de Beauce, les fromages de Normandie et de Brie et aujourd’hui les technologies de Saclay. Dans son Histoire de la vigne et du vin en France, le géographe Roger Dion a bien démontré comment la présence d’un centre urbain important, donc d’un marché, est primordial dans la naissance et le développement d’un grand cru. S’il n’y a personne pour acheter et consommer des vins de qualité, alors il n’y aura aucun vigneron pour en faire.

 

La diversité des personnes humaines regroupées en marché contribue donc à créer et à développer la diversité culturelle et sociale de la société. On voit bien comment, dans leurs typicités et organisations, les marchés de Provence sont différents de ceux de Bretagne et d’Auvergne. Le marché ne signifie pas la primauté de l’argent, comme le croient encore les socialistes de droite. Il assure la pleine expression des talents de chaque personne et les échanges entre elles. Pour fonctionner correctement, il a besoin de règles de droit claires, compréhensibles par tous et défendables par tous. S’il favorise l’inégalité des talents, il ne peut donc que promouvoir l’égalité juridique, condition sine qua nonde son existence et de son développement. C’est cela qui constitue la véritable justice.

 

Le trou noir de l’administration

 

Pourquoi est-ce qu’une administration ne peut, par essence, que faire moins bien qu’un marché ? Parce que dans un marché les personnes sont regroupées entre elles selon les principes du respect des libertés, de la responsabilité et de l’ordre juridique. Dans une administration, les libertés des personnes sont fortement réduites, la responsabilité est presque inexistante et l’ordre juridique est souvent bafoué. Dans l’Éducation nationale, par exemple, les professeurs ne peuvent pas choisir les villes et les établissements où ils souhaitent travailler, tout comme les chefs d’établissements ne peuvent pas choisir leurs personnels, contrevenant ainsi aux libertés de base de l’ordre social. La responsabilité est inexistante également puisque l’on progresse non en raison de ses talents, mais de son âge. Rien ne pousse à être meilleur, c’est même souvent l’inverse puisque les meilleurs se distinguent et une administration ne supporte pas la distinction. Une administration n’est donc pas une organisation optimale pour les personnes, contrairement à une organisation en marché. Il n’y a nulle main invisible du marché, il y a des personnes qui s’organisent et échangent entre elles, parfois dans la coopération, parfois dans la violence. Les étatistes croient au contraire en la main supérieure et infaillible de l’État stratège, sorte de dieu sauvage qui a toujours raison. Celui-ci bafoue souvent le droit et ne respecte pas ses propres lois. Il n’est donc pas étonnant que les États ou les villes qui refusent l’organisation humaine en marché soient les plus pauvres et les moins développés. Ce n’est pas un accident de l’histoire, c’est inhérent à leur structuration.

 

Il est donc curieux de reprocher à la société d’être un marché, c’est-à-dire un lieu d’échanges, d’innovations, de rencontres, de diversités. Il faut espérer, au contraire, que les personnes humaines puissent s’organiser en marché, car seule cette organisation permet de sortir des rivalités mimétiques de la tribu et d’assurer un ordre de paix et une concorde commune. L’organisation humaine en administration a plus à voir avec l’ordre tribal qu’avec l’ordre juridique. Refusant les libertés et les inégalités humaines (c’est-à-dire les différences humaines), elle ne peut que faire preuve de violence et de coercition pour contraindre les personnes à adopter les modes de vie imposés par ceux qui ont le pouvoir. C’est le propre du socialisme urbain d’aujourd’hui, qui a décidé de contrôler et de diriger les modes de vie en choisissant pour les personnes les lieux où elles doivent habiter, travailler et comment elles doivent vivre. Les imperfections du marché sont les imperfections des personnes. On n’améliore pas une société en transformant ses structures, mais en développant les vertus chez les personnes. Loin de la chimère dirigiste, c’est d’abord une œuvre d’éducation qu’il faut mener.

Auteur: Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique. Il est directeur d'Orbis. Ecole de géopolitique. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Géopolitique du Vatican. La puissance de l'influence (Puf, 2015), Le défi migratoire. L'Europe ébranlée (2016) et, récemment, un ouvrage consacré à la Monarchie de Juillet : La parenthèse libérale. Dix-huit années qui ont changé la France (2018).

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14 Commentaires

  1. > Il parle, dans son œuvre, de la main invisible de Dieu, qui ordonne les sociétés, …

    Un point de vue différent, voir page 20+:

    Ronald Coase, “Adam Smith’s View of Man”
    http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.chicagogsb.edu%2Fresearch%2Fselectedpapers%2Fsp50a.pdf

    Quoi qu’il en soit, je retiens (*):

    “… la pertinence du titre du chapitre III de la section III, au caractère toujours très actuel, et même intemporel :

    « De la corruption de nos sentiments moraux occasionnée par cette disposition à admirer les riches et les grands, et à mépriser ou négliger les personnes pauvres et d’humble condition ».

    On touche ici à toute une panoplie de sentiments ou attitudes, parmi lesquelles l’hypocrisie, l’envie, la vanité, le désir d’être à la mode, l’ambition, la tromperie, le mensonge, le crime. Au détriment de la recherche de la vertu ou de la sagesse, qui séduisent (hélas) infiniment moins de monde.”

    (*) La théorie des sentiments moraux, d’Adam Smith (1)
    https://www.contrepoints.org/2016/10/04/267564-theorie-sentiments-moraux-dadam-smith-15

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  2. Votre mise en relief de la diversité extraordinaire de la France est un plaisir. En plus elle se niche dans une Europe occidentale encore plus diverse où la France est le centre d’une croix de Saint André enrichie par ces courants Nord-Ouest avec Sud est comme Nord-Est avec Sud-Ouest. Effectivement à l’origine le marché est le lieu où les surplus sont offerts. Avec le développement de la diversité, les spécialisations et les différenciations deviennent telles, en toute liberté, que chacun dans son domaine produit pour le marché ce qu’il ne consomme pratiquement plus du tout directement et a besoin d’un nominal, aune des prix relatifs. La définition de l’once d’or est née sur le marché de Troyes en Champagne pour mettre un peu d’ordre. C’est là que la politique s’insère naturellement avec le droit de place et de passage… Alors des barons et comtes ou énarques, mesurés ou mafieux commencent leur carrière! Pour calmer les fragrances enivrantes du pouvoir qui corrompt tout, absolument tout, il faut le couper au moins en trois. Ceci fait, beaucoup les recousent dans l’arrière boutique privée comme publique pour moins de concurrence et plus d’argent. Il faut recommencer à couper. Éternel rocher de Sisyphe!

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  3. La pensée unique du socialisme et les contraintes tatillonnes de l’Administration sont un poison qui nous englue lentement dans l’immobilisme et la passivité.
    Le commerce, lui, favorise les échanges entre les peuples et apporte la prospérité. La route de la soie en fut un très bel exemple. Et l’entretien et l’amélioration des voies de communication sont un atout primordial pour le développement d’un pays.
    Pour les grands crus, j’ai pensé au Châteauneuf-du-Pape, avec comme atout commercial la formidable image du Saint père en Avignon.

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  4. Monsieur Noé,

    J’ignore si vous en avez conscience, mais ce que vous décrivez est dans la droite ligne de la doctrine sociale de l’Eglise catholique.
    Je m’y intéresse beaucoup, et je ne vois pas de contradictions majeures.
    Pour être complet, il faudrait bien sûr y ajouter tout ce qui concerne la transcendance, la charité, le don de soi et la communication des biens, mais ce n’est pas le sujet de votre article, et ces vertus ne sont pas du tout incompatibles avec ce que vous préconisez.

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  5. Contrairement à la croyance, il est des lieux où le marché existe dans l’administration. Prenez le marché du travail au Ministère de l’Écologie : les postes sont certes réservés à des fonctionnaires, d’Etat en général, mais à l’intérieur de ce groupe une concurrence vive s’exerce.

    On doit donc cesser d’opposer de manière aussi simpliste l’administration et le reste de la société.

    et je suis d’accord : la société est un marché … que l’Etat doit réguler de temps en temps, sans quoi certains pans de ce marché peuvent créer du malheur voire des catastrophes (technologiques, urbanistiques ou écologiques, notamment).

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  6. la derive actuelle est la confusion entre les deux entites l’etat et le marche.D’une l’etat se privatise sous la contrainte de la dette et de la corruption qu’elle permet.D’autre part, les holdings multinationales financieres,a force d’oligopoles et d’entente,peuvent se permettre de proposer des services et des produits d’une qualite de plus en plus deplorable car c’est ca ou rien pour le client. Celui ci d’ailleurs ne s’y trompe pas puisque la demande s’attenue.

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  7. Le marche oui, mais certaines regulations sont nécessaires, je vais prendre un cas concret:

    Je suis expatrie en Chine, et selon la loi Chinoise, tout étranger doit être paye au moins 4 fois le SMIC local.

    Si je suis paye 4 fois plus, j’ai 4 fois d’argent pour acheter un bien immobilier, et c’est la qu’intervient la regulation nécessaire.

    Le 1er appartement, je l’achete avec 30% d’apport, et si je veux en acheter un 2eme, il me faut 70% d’apport ! afin d’éviter la speculation immobilière.

    Je comprends parfaitement que je gagne plus que le chinois de base, et que lui aussi veux acheter son appartement.

    Un appartement n’est pas pareil qu’une Ferrari, vous allez chez votre concessionnaire Ferrari, vous pouvez acheter autant que vous en voulez, la production est illimité, les appartements c’est pas pareil, c’est la l’erreur des libéraux, la place sur terre est limitée, les riches en achetant sans discontinuité des terrains font augmenter le prix des terres.
    Et c’est une des raisons que 91% des chinois sont propriétaires de leurs appartements en ville. Et quand on est propriétaire, a la retraite, on plus autant besoin d’argent, donc le gouvernement chinois peut prélever très peu d’argent pour la retraite de chinois. echec et mat pour l’occident.

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    • Qu’elle est la justification de cette loi qui oblige à payer un étranger 4X plus cher qu’un Chinois ? Manque de main d’oeuvre ?

    • Non, la justification, est la preference nationale, pourquoi importer de la manœuvre si un chinois peut le faire.

      Mais vous pouvez changer “expatrie”, par Chirurgien Chinois, qui doit gagner plus que le Smicard Chinois.

      C’est la meme chose, n’importe quel chinois peut acheter un appartement avec 30% d’apport, il doit d’abord le payer entièrement, puis il doit apporter 70% si il veut en acheter un 2eme.

      Quand vous acheter un appartement a credit, vous avez un livret de propriété qui est rouge et la banque a un livret de propriété bleue. Quand vous avez entièrement rembourse la banque, la banque vous donne le livret de propriété bleue.

    • je réponds en fait à #marc;
      marc, en France vous seriez illico traité de lepéniste, et c’est très grave, M Macron dirait même que vous êtes un nationaliste!
      si cela peut vous rassurez, moi aussi (je pourrai être traité de lepéniste, mais je ne le suis pas)!

    • @ Charles Heyd
      Zut alors, moi qui suit pour virer 3 millions de fonctionnaires français, supprimer toutes les alloc, le SMIC, les subventions.
      J’observe depuis 2008 l’économie Chinoise, j’hallucine souvent de ce que je vois que j’appellerais du bon sens.

      Un autre exemple, sur l’ile de Hainan (le Tahiti Chinois), le gouvernement chinois a decider de développer les courses Hippiques, au lieu des jeux de loto ou grattage. Le loto, ou les jeux de grattage ne génèrent pas beaucoup d’emplois, les courses hippiques, il faut des élevages de chevaux, des jockeys, des vétérinaires, des champs de courses …

      Ou le fait de supprimer les visas de 60 pays venir sur cette ile, ou ils ont construit le plus gros centre commercial duty free du monde. En gros, venez acheter ici, en duty free votre sac de luxe, vous risquez pas de vous faire dépouiller par certaine population a l’étranger.
      Smart les Chinois !

  8. Je voudrais réagir à un des arguments qui, à mon sens, va à l’encontre de l’idée générale de cet excellent article;
    je cite: “Dans l’Éducation nationale, par exemple, les professeurs ne peuvent pas choisir les villes et les établissements où ils souhaitent travailler, tout comme les chefs d’établissements ne peuvent pas choisir leurs personnels, contrevenant ainsi aux libertés de base de l’ordre social.”
    J’ai été militaire, Marine Nationale, pendant 30 ans; je ne choisissais pas mes affectations (mon lieu de travail), ni les guerres ou lieux de tensions où j’aurai, peut-être, excellé; les bérets verts tués au Bénin n’ont probablement pas choisi d’aller là-bas, c’était juste leur mission; je déposais des désidératas, et l’administration dans sa grande considération me désignait mon nouveau poste; certes, je ne dirais pas que tout se passait dans le meilleur des mondes possibles, mais je ne voit pas (beaucoup) d’autres manières possibles de faire;
    je vous fiche mon billet que si les profs de l’éduc nat pouvaient choisir leur établissement il y aurait un prof pour un élève dans le XVIème à Paris et des centaines d’élèves sans prof dans certains “quartiers” (difficiles)!
    Dans l’industrie, les services ou les commerces, les patrons (en principe) choisissent leurs employés; quelle excuse ont-ils alors quand ils échouent? Certes il y a trop de réglementations, par définition dirigistes, mais laisser la “main invisible” tout faire nous conduit, exemple parmi d’autres: des déserts médicaux et pléthore de médecins sur la cote d’azur!

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    • M.Heyd, l’ absence de choix , l’ imposition forcé de l’ enseignement par le rèseau ” Education Nationale ” est un abus de pouvoir, et la source d’une imposition superfétatoire.
      Abus de pouvoir , car l” Education Nationale ” vestige du mythe de ” L’ Ecole Obligatoire pour tous ” de Jules Ferry , impose par son omni-présence de faire accepter aux parents – de se soumettre – a une grille de programmes qui est une rèduction ad ultima ratio
      d’un modéle intellectuel obsolète : Depuis 30 ans combien d’ innovations ont pour origine les Universités françaises par rapport aux Universités américaines, et asiatiques ?
      Pour sortir de cet abus de pouvoir , il devient urgent que les individus puissent choisir leur systéme d’ education , et qu’ils beneficient pour cela d’un crédit d’impot . Le clivage laic-religieux est dépassè, le clivage actuel est entre pensée créative – pensée répétitive .
      L’ Education nationale est le 1er budget de l’ Etat . Ce budget doit diminuer fortement afin que les contribuables qui choisiront un systeme hors de l’ E.N le payent par leur crédit d’impot . Moins d’impot pour les contribuables donc plus de ressources pour les systémes d’ education concurrents de l’ E.N .

    • Le cas de l’armée est un peu à part en effet. Mais il y a quand même du libre choix : choix des armes (terre, mer, air), choix des régiments et des services. C’est donc beaucoup plus souple que l’éducation nationale. Les bérets verts n’ont pas choisi d’intervenir au Bénin, mais ils ont fait le libre choix d’intégrer le commando Hubert, en sachant ce que cela supposait par la suite. L’armée est beaucoup plus souple dans son fonctionnement que l’administration de l’EN.

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